
Je t’offre cette pomme, Jean, et tu croqueras dedans. Prends cette peau et serre-la entre tes dents. Je ne sais pas s’il faut se fier à moi. Je suis plus morte que vive. Je suis morte avant d’avoir pu exploser à la figure du monde. Je suis morte et pas la peine de vouloir m’exposer à la face du monde. Je ne suis pas cette pomme à la peau translucide qui s’est fait dévorer par l’oiseau qui passe et qui chante. Je ne puis t’aimer comme avant. Je ne suis qu’une misérable déroute et il faut que je doute encore plus de mes capacités à t’écrire ces lettres que tu emportes dans ta veste. Je t’aime Jean et il te faut une double veste pour que tu puisses mettre ces lettres. Elles te feront un matelas pour l’hiver. Pas la peine de t’épuiser ni de m’épuiser par la même occasion. On ne s’aimera jamais assez. Tu ne m’aimeras que dans le plus qu’assez. Je t’aime dans le sam suffit. J’en ai plus qu’assez de ma déroute et de ma banqueroute. Je ne résisterai pas longtemps à toutes ces tergiversations. Je ne suis plus qu’une déroute et une banqueroute. Je t’aime suffisamment pour que tu me dises : allez, viens, on taille la route.
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