
Jeanne et Jean se racontent à défaut de se rencontrer. Ils se parlent par blogs interposés. Ils se racontent leur vie et leurs atermoiements. Ils s’aiment bien et c’est tout ce qui compte. Ils s’aiment dans leur quotidien, dans leur vie de poète et dans leur vie de chien qu’il ne faut pas écraser. Jeanne est éperdue et Jean ne l’est pas moins. Il a oublié de lui dire qu’elle lui manquait avec ses bouclettes. Oui, parce qu’elle avait des bouclettes dans les cheveux et que des bouclettes comme ça, ça s’entretient. Il aimait les boucles d’or de Jeanne qu’il avait aperçues sur son blog. Il ne prenait jamais de selfie comme Jeanne mais il se faisait portraiturer par des photographes professionnels. Il aimait cet écart destiné au temps. A celui qui passe et à celui qui fait. Il aimait le temps qui l’attachait à son canapé. Il restait sur son canapé en lisant le blog de Jeanne qui lui plaisait dans ses grands principes. Et Jeanne traînait sur le blog de Jean tous les matins pour lui donner une réponse peu de temps après. C’est sûr, ils s’aimaient.
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