
Pas de commune mesure avec le chat de Jeanne qui était dans son bon droit. Quinze années de vie commune, quinze années de préoccupations pour Jeanne qui faisait très attention à l’état de santé de sa Cherry. Jean était un peu jaloux mais il comprenait qu’il fallait en passer par là, avec l’amour de son chat, pour atteindre Jeanne directement. C’était un chat un peu spécial. Il n’y en avait pas deux comme ça mais il respectait les autres animaux, les souris et les oiseaux. Il lui arrivait d’en attraper mais il les relâchait toujours vivants, lâchant la proie pour une ombre sympathique. Elle ne faisait plus rien de mal et s’amusait à voir passer les voitures par la fenêtre de la cuisine. Car la rue de Jeanne, la rue des petites ronces, était une rue très passagère. Pas moyen de se défaire du bruit des voitures, ce qui amusait beaucoup Cherry qui ne voyait pas beaucoup de passants. Des voitures oui mais des piétons, non, à part deux ou trois personnes âgées. C’est qu’il y avait très peu de transports en commun dans le village de Jeanne. Tout le monde avait sa voiture même si cela coûtait cher. Cherry en raffolait, elle qui regardait voler les oiseaux par la fenêtre du salon. Elle ne sortait plus beaucoup et passait désormais beaucoup de temps à dormir, ce qui rassurait Jeanne qui se faisait moins de souci pour elle depuis qu’elle avait découvert qu’elle n’aimait plus sortir, elle, la chatte sourde qui raffole des voitures. Jean ne comprenait pas qu’un chat aime les voitures. Cela ne rentrait pas dans sa nomenclature. Il aimait Cherry de loin, parce que sa chérie en raffolait.
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