
Jeanne est en transe depuis que John le chardonneret est entré dans sa vie. Il occupait désormais son esprit. Elle aimait son chant mélodieux et sa façon de s’approcher de sa fenêtre sans avoir l’air d’y toucher. Il s’intéressait à elle mais restait discret. C’était le portrait craché de Jean qui voyait bien que les animaux étaient en train de le supplanter dans l’esprit de Jeanne. Elle faisait attention aux pies, aux pigeons et à la tourterelle de Turquie qui peuplaient son jardin. Ce matin, elle avait vu Robin le rouge-gorge qui voisinait avec Clarisse, la tourterelle de Turquie. Jean se disait qu’il fallait un objectif à Jeanne. Et s’il fallait en passer par les oiseaux pour lui redonner le sourire, qu’à cela ne tienne. Lui s’inspirait de tout cela pour faire de la poésie. Il faisait des odes à Jeanne qu’il avait renommée Ellis. Ellis était sa fidèle compagne dans ses poèmes. Drôle de nom de baptême, mi-masculin, mi-feminin. C’était le double de Jeanne et comptait double dans l’esprit de Jean. Jeanne, quant à elle, avait renommé Jean Erik dans ses poèmes. C’était son amant intrigant. Elle avait fort à faire et fort à dire sur ses manières de faire sans avoir l’air d’y toucher. Et dire qu’il fallait encore attendre huit ans avant qu’ils ne se rencontrent enfin…. les oiseaux allaient les aider à tenir.
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