
Jeanne n’avait pas abandonné la poésie. Loin s’en faut. Elle avait laissé à Jean le champ libre pour la critiquer. Mais Jean ne s’y résoudrait jamais. Il l’aimait plus que de raison et surtout, il adhérait à sa poésie qui le renvoyait à sa propre condition. Elle écrivait sur l’écriture actuellement et Jean se retrouvait dedans. De la poésie comme un miroir de son âme de poète. Il trouvait qu’il ressemblait à un tapir alors qu’il ressemblait à une tortue qu’il fallait protéger des déchets plastiques. Jeanne ressemblait à une loutre qui reinvestissait les bords de l’Elle, en Bretagne. Jeanne avait du sang breton mais elle n’en parlait jamais. Sa famille s’était exilée à Aurelcastel il y a quatre générations mais elle avait gardé ses caractéristiques de loutre des bords de l’Elle. Jeanne savait qu’il fallait qu’elle soit protégée et qu’il fallait continuer à la réintroduire dans les cours d’eau. Il fallait protéger aussi les cours d’eau mais plus facile à dire qu’à faire. Les cours d’eau, c’étaient ses romans à Jeanne et sa poésie. Elle parlait souvent du Loir. Il fallait en faire davantage et ça, Jean l’avait bien compris.
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