
Jeanne ne parlait ni anglais, ni espagnol et le regrettait bien fort. Elle se coupait ainsi de la moitié de la planète qui parlait et anglais, et espagnol. En revanche, Jean se plaisait dans ces deux idiomes et tchattait avec la moitié de la planète nuit et jour. Enfin, surtout quand il y pensait. Et il y pensait souvent. Autant qu’à Jeanne, il faut bien le dire, qui parlait allemand et finlandais. Elle était dans une culture de niche. Elle nichait loin des soucis d’avant. Elle était dans les soucis de maintenant, avec son nouveau travail et ses atermoiements. Elle ne passera pas l’année ici, se disait-elle. Elle préférait vivre plus chichement avec une qualité de vie spirituelle plus à même de la maintenir en vie. Elle ne voulait pas être en fin de vie mais si cela continuait, elle irait droit dans le mur. Il fallait réfléchir et penser à son avenir. Elle pensait à Jean mais avait honte maintenant. Elle avait honte d’elle, elle avait honte pour les autres, elle avait honte par les autres. Elle ne voulait plus avancer que dans sa poésie et respirer par sa poésie. Elle n’en vivrait pas malheureusement mais vivrait pour ça. C’est ce qu’elle se dit à présent mais pour l’heure, il fallait faire des choix : rester en vie ou mourir ici-bas. Elle optait pour vivre ici-bas avec l’au-delà.
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