
Jeanne et Jean pensaient au vide qu’ils avaient envie d’occuper. Tous deux avaient le vertige. Craintifs des falaises, écrivait l’autre. Ils étaient pris par le vertige de leur vie solitaire à aimer à ne plus savoir qu’en faire. Leur vide à eux, c’était leur amour qui ne pouvait s’exprimer que par vers interposés. Le soir, ils s’endormaient dans un lit avec personne à leur côté. C’était ça le vide de leur existence qui était sinon pleine et entière de toutes ces semences qu’ils egrenaient sur la planète de leurs réseaux sociaux. Il fallait bien les réunir un jour ou l’autre mais ce n’était pas demain la veille. En attendant, ils comblaient ce vide de leur existence avec leur smartphone qui leur tenait compagnie. C’est lui qui les réveillait le matin et qui les endormait le soir. Tristes existences que de s’en remettre à une machine pour combler le sens d’une vie, se disaient-ils avant de jeter un œil à la météo. C’est qu’aujourd’hui, il faisait encore froid. Ils auraient bien voulu se réchauffer à deux mais ça serait peut-être pour demain.
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