De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Jeanne et Jean retourneraient bien sur les bancs de la fac

Jeanne et Jean retourneraient bien sur les bancs de la fac. Ils sont tous deux épris de littérature. Par quelle littérature recommencer une vie sereine sans se poser de question ? Jeanne voyait le verre à moitié vide. Elle écrirait volontiers toute la journée. Elle était sûre d’être faite pour ça. Jean écrivait toute la journée. Il avait besoin que Jeanne aille travailler en mediatheque pour se remettre à la poésie en vers libres. Il voulait écrire un roman en vers libres. Ce ne serait pas Charlotte de Foenkinos mais plutôt Dame Oiselle de Jean le Castelain. Jeanne, quant à elle, n’avait plus le temps d’écrire de la poésie comme avant. Elle en faisait encore un peu sur Instagram mais elle disait toujours tous les soirs : ce n’est que partie remise. Allait-elle continuer à travailler ou se mettrait elle en arrêt maladie ? Pour l’instant, elle continue à travailler. Il n’y avait pas de raison pour qu’elle soit arrêtée si ce n’est la fatigue et le manque de sommeil. Elle avait peur de ne pas être à la hauteur et elle n’était pas franchement encore à la hauteur. Elle avait encore du chemin à faire mais elle préférait la littérature de Proust à celle de Coelho. Seulement, en bibliothèque, il y avait plus de fans de Coelho que de lecteurs de Marcel Proust. Elle le savait avant d’avoir commencé à travailler à la mediatheque d’Aurelcastel. Elle le savait très bien mais ne pouvait pas cacher sa déception de ne pas pouvoir discuter littérature à la Chevillard plutôt que littérature à la Éric-Emmanuel Schmitt. Chevillard avait été desherbe. Il ne restait plus que deux ouvrages de lui à la mediatheque d’Aurelcastel, Prosper à l’œuvre et Ronce Rose. O tempora, o mores. On lui préférait Aurelie Valogne et Virginie Grimaldi. Jeanne n’avait rien lu de ces deux romancières et ne pouvait donc pas porter de jugement. O tempora o mores se disait elle encore. O tempora o mores. Elle avait Jean dans le collimateur et attendait sa revanche sur le net. Elle arriverait encore à écrire mais un peu moins souvent. O tempora o mores, se disait elle toujours. Un peu d’éternité dans l’éphémère beauté des temps.


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