
Où en est le merle ? Se disent Jeanne et Jean. Il va et il vient. Il ne s’arrête plus, il passe et il repasse dans l’élixir du temps. Le merle est affairé sur sa longévité. Il ne dit rien. Il chante jusqu’à demain. Il protège le jardin de son chant mélodieux mais il ne se pose pas dans le cerisier. Il se pose dans le noisetier. Il est à leurs pieds et il dispose d’un peu de temps. Il est dans leur firmament. Il dispose d’un peu de temps pour leur expliquer que rien ne sert de courir, il faut prendre un peu de temps pour bien écrire et raconter le temps. Celui qui vient, qui va et qui s’en va. Il faut prendre le temps de raconter le temps, se disent-ils avant d’expliquer tout bas que le temps ne passera pas par moi car je n’ai rien compris au temps qui s’en va. Il faut le retenir dans les interstices du vent. Jeanne et Jean vont raconter leur temps à eux et s’attacher à ce qui fait leur pré. Ils sont attachés à leurs prés même si tout ceci est insidieux. Ils s’en remettent à leurs merles pour comprendre le temps qu’il fait. Ils écoutent son chant qui leur glisse qu’ils sont dedans. Et dedans, il y a de l’argent et des chants qui filent.
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