
Jeanne et Jean avaient du mal avec le concret. Ils s’en remettaient à l’abstrait pour s’aimer autant qu’ils le pouvaient. Ils s’aimaient dans l’absolue infinitude du temps. Le temps était-il long et qu’est ce qu’était cette éternité si convoitée ? Ils entraient dans l’éternité avec leur poésie ? Rien n’est moins sûr. Encore faut-il la découvrir et le temps long les y aiderait. Ils entraient dans leur phase : je veux du temps long pour me reconnaître dedans. Je veux du temps long et rien ne sera comme avant. Je veux du temps long pour me regarder dedans. Je veux du temps long pour assouvir le monde. Assouvissons le monde, se disaient-ils, assoiffés de pouvoir et de puissance. Ils sont partis faire un quart de tour sur eux-mêmes et reviennent à l’oblique pour continuer à être abstraits. Ils s’en remettent au Covid pour continuer à être sincères. Après tout, c’est grâce au Covid qu’ils s’étaient retrouvés sur les réseaux sociaux. Et rien ne serait plus comme avant. Je t’aime Jean. Je t’aime Jeanne Ils en parlaient à tout bout de champ… et ce bout de champ, c’était mon impression et ma dissertation.
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