
Plus les jours avançaient et plus il y avait de quoi déprimer. Plus ça allait et moins il y avait de monde à la mediatheque d’Aurelcastel. Serait-ce la faute de la présence de Jeanne qui ennuieraient les Castelains ? On n’en sait rien mais Jeanne n’était pas toujours à l’aise avec les lecteurs. Il lui arrivait parfois de derealiser et de s’affoler intérieurement. Il ne fallait pas que l’on voie qu’elle était folle à lier les gerbes de blé. Sa schizophrénie s’était mise en sourdine grâce aux médicaments mais il ne fallait pas qu’elle se réveille et Jeanne écrivait beaucoup pour éteindre le feu qui l’animait. Jean n’était pas au courant de sa maladie et il la trouvait bizarre, c’est cela qui l’attirail chez elle. Ce bizarre, c’est la schizophrénie qui lui faisait dire qu’elle était sincère dans ses atermoiements. Pas de calcul , juste du ressenti, du vécu et du True life. Personne à part sa mère ne connaissait sa maladie… vous avez dit bizarre ? Pour l’instant, elle s’en remettait à Jean. Elle lui fera peut-être des confidences sur l’oreiller du net, enfin sur messenger… ce n’était pas encore sûr mais elle ferait de son bizarre un atout charme, une marque de fabrique pour qui ne la connaîtrait pas. Je t’aime Jean, continuait elle à répéter inlassablement comme tous les matins où elle se réveille sans pain mais avec Jean comme ligne de mire. Je t’aime Jeanne lui répondait il dans la foulée en pensée…
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