
Jeanne et Jean seraient-ils las de ne pas se voir ? On ne pouvait pas dire qu’il en était ainsi. Ils étaient peut-être las de s’aimer sans s’apprivoiser. Ils étaient las de ne pas se dire des mots incongrus, des beaux mots que l’on n’utilise plus tels que ornythorinque, caoutchouc ou hippopotame. Des mots inusites qui renvoient à un monde disparu. Peut-on rebondir sur le mot caoutchouc ? Il faut tout accepter, même cette lassitude de ne pas pouvoir tout employer. Le caoutchouc décidément me direz-vous. Le caoutchouc et le cachou que l’on cache dans la boîte à malices de papa. Jeanne ne savait pas pourquoi elle pensait à son père subitement. Peut-être parce qu’il faut qu’elle finisse ce qu’elle avait commencé à écrire sur son père. C’est un appel d’air. C’est sa nouvelle mission et ce qu’il faudra qu’elle écrive dans les jours à venir. Je t’aime Jean disait elle a son père qui s’appelait Jean-Paul. Jean Le Castelain n’en prenait pas ombrage. Le papa de Jeanne était décédé il y a bien trop longtemps. Mais c’était comme si c’était hier pour Jeanne. Ses souvenirs s’estompaient mais sa flamme pour Jean était toujours aussi vive.
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