
Jeanne n’avait aucun sens de la conversation, ce qui la menait tout droit à une vie solitaire alors qu’elle était sociable mais elle ne trouvait aucun motif de dialoguer. Ses préoccupations étaient tout autres que les autres. Jean aimait dialoguer et il trouvait en Jeanne l’oreille idéale pour s’adonner à son monologue favori. Tous deux s’équilibraient mais Jeanne était beaucoup plus performante à l’écrit. Ce n’est pas qu’elle était bête ou particulièrement creuse mais elle n’avait jamais aucune idée pour démarrer une conversation. Parler du temps ? Parler du froid qui s’est installé dans la mediatheque d’Aurelcastel ? Parler littérature ? Même parler littérature lui semblait incommensurable. Elle ne parlait pas pour ne rien dire, c’est le moins que l’on puisse dire. Y aura-t-il du monde à la mediatheque aujourd’hui ? Rien n’est moins sûr. Les gens vont se lasser du froid qui s’est installé. Jeanne laisse Jean à ses conversations avec le diable et prend la tangente.
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