
Jeanne et Jean s’etraignaient en pensée. Ils n’avaient jamais été aussi proches de se regarder par le petit bout de la lorgnette. Ils rêvaient de s’étreindre et ne voyaient rien d’autre que le manque d’inspiration pour arriver à leurs fins. Jamais ils ne se rejoindraient pensaient-ils ? Jamais ils ne pourraient s’étreindre sans s’éteindre ? Jeanne aimerait beaucoup retrouver son inspiration et Jean prenait des vacances. Il était parti à Nantes pour voir l’île merveilleuse s’ouvrir à sa beauté. Jeanne avait un week-end de trois jours, comme il lui arrivait une fois par mois. Et elle le consacre à la littérature ? Que nenni ! Elle n’a pratiquement rien fait de ses dix doigts. Misère, disait elle. Cette misère est un mystère. Toujours est-il qu’elle aurait bien aimé étreindre Jean mais Jean avait pris la poudre d’escampette. Arrivera-t-elle à écrire sans lui dans ses parages numériques ? Rien n’est moins sûr. Jeanne traînait sur Facebook à la recherche du moindre signe. Elle allait enlacer Jean dans Un pont à franchir. Il faudra bien le franchir ce pont un jour ou l’autre. Pour l’instant, les deux amoureux n’étaient pas prêts et préféraient une étreinte en pensée.
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