De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Le vent

Le vent qui s’abattait sur le Loir était glacial. Il rafraîchissait tout et asséchait les milieux humides qui auraient dû pourtant le rester, humides. Jeanne avait froid et vivait en mode inuit avec des pulls et des capuches pour se réchauffer. Je t’aime Jean disait elle encore ce matin, dans un mélange d’audace et de demande expresse. Elle demandait à Jean son assentiment pour publier un recueil de poèmes. Ça s’appelle Embarque et elle lui demande son avis sur cette future publication. Il s’agissait d’un manuscrit qu’elle destinait aux éditeurs. Seront-ils prêts à l’accepter ? Pas avant une heure, dit Jean qui donne sa réponse sur le champ. Dans une heure il faut qu’il soit sur le champ d’honneur, lui répondit Jean. Jeanne ne comprenait rien à ce charabia. De quel champ d’honneur parlait il ? Eh bien de ta boîte mail, pardi ! C’est le moment le plus favorable à un envoi. Groupé ? Non, en particulier. Jeanne allait s’exécuter pour faire plaisir à Jean qui ne comprenait pas toute sa poésie, ce charabia qui sortait de son cerveau tout chaud. Lui imprimait sa poésie sur un coup de tête. Et c’est là qu’il aurait voulu tourner sept fois sa langue dans la bouche de Jeanne. Elle lui manquait, assurément. Il n’avait pas encore perdu la flamme. Ils étaient faits pour vivre ensemble. Mais pour l’instant, ils devaient écrire qu’ils se manquaient terriblement.


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