De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Et les fleurs de talus ?

Que deviennent les fleurs de talus ? Jeanne les aimait beaucoup. Il y avait un talus à côté de chez elle avec des boutons d’or, de la pimprenelle et une très belle aubépine qui ferait pâlir d’envie Marcel Proust. Jeanne aimait les fleurs sauvages autant que les fleurs domestiquées. Elle aimait toute chose apparemment insignifiante. Tout ceci comptait beaucoup pour elle. Elle aimait le coquelicot qui l’aidait à dormir, tout comme la violette et le coucou. Elle aimait ses ancolies mélancolie et les dediait à Jean qu’elle aimait par-dessus tout. Elle n’aimait pas les types du service informatique de la ville d’Aurelcastel qui ne vont pas lui fournir un nouveau téléphone pour travailler. Des gars de la pire espèce et elle aimait Jean encore plus comparé à ces types neurastheniques et défaitistes. Jean était poète ce matin et s’attardait sur la forme des nuages. Elle avait envie de tourner sept fois sa langue dans la bouche de Jean. Cela arrivera-t-il un jour ? Rien n’est moins sûr à présent car Jean et Jeanne aimaient la virtualité par-dessus tout. Jeanne se lamentait de sa réalité et n’avait pas envie d’en changer. Elle aimait Jean et, pour l’instant, ne le voyait que dans sa vie virtuelle. Il faut souffrir pour être belle, se disait elle. Il faut souffrir avant d’accéder à la félicité. C’est ce qu’ils se disaient en se tenant par la main en pensée.


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