
Jeanne avait vu Jean ce matin dans la fenêtre de son petit écran. Il disait un poême de Tarkos, Tue-moi. Elle ne savait si cette supplique lui était adressée mais elle l’avait trouvé très sensuel et mortifere en même temps. Bien sur qu’elle n’avait pas envie de le tuer ni de le voir mort. Elle préférait le voir s’assecher plutôt que se passer de sa vie. Elle avait envie de le voir revenir vers elle. C’est qu’il était distant depuis qu’il était parti à Turin pour le salon du livre. Elle ne savait pas s’il avait vendu beaucoup de livres ou de poèmes mais elle le trouvait distant depuis l’ascension. Aurait-il mieux à faire que s’occuper de Jeanne ? Serait il tombé amoureux de quelqu’un d’autre ? De tout cela, que nenni. Il était en fait désabusé par le monde littéraire et avait du mal à reprendre le collier de la littérature. Il ne voulait pas partager son désarroi avec Jeanne, elle qui était pleine d’enthousiasme. Il ne voulait pas gâcher sa joie. Toujours est-il qu’il est en plein désarroi et qu’il ne sait pas comment gagner sa vie avec ça. Ce désarroi allait peut-être être fécond ou lui couper les ailes. Wait and see. Je t’aime Jean lui dit Jeanne en pensée. Je t’aime Jeanne lui répondit-il toujours en pensée. Ces deux-là étaient faits pour s’aimer.
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