
Faut-il découper le jour comme dans une videopoesie ? Une question de Jean qui imaginait sa vie en plans séquences. Il découpait tout pour remonter le puzzle dans un autre sens et redonner un sens à sa vie autrement. Jean scénarisait sa vie. Il n’avait rien d’autre que la poésie comme ligne directrice. Beau comme un film qui suit les pensées de Jean en un long plan séquences qui passerait du coq à l’âne, histoire de mettre tout un univers dans un seul film de cinq minutes. Jean était synthétique et il n’aimait pas délayer. Il est tout le contraire de Proust et son souhait serait de faire tenir ses univers dans une bouteille ou un tuyau percé par les pièces de monnaie. Il voulait diffuser sa poésie comme s’il avait un tuyau microporeux et il s’est rendu compte que ça avait bien fonctionné sur Jeanne qui était tombée raide dingue amoureuse de ses poésies sur le temps qui passe. Elle éprouvait les mêmes choses sur la fuite du temps qu’il ne sert à rien de retenir et qu’il fallait plutôt s’intéresser au présent. Le présent c’est le temps des citoyens de seconde zone et on s’accorde à dire que je n’ai pas le temps de tout faire. Toujours est-il que Jean scenarise sa vie et qu’il voit son mariage avec Jeanne dans les cinq ans qui viennent. En attendant, il s’occupe de son présent, comme Jeanne, qui ne voit plus rien à l’avenir à part l’édition de ses livres chez les brocanteurs. Elle sera vendue chez les brocanteurs et dans les recycles livres. Pas de quoi faire ses affaires mais elle espère une revente de ses bouquins dans les maisons de la presse et dans les gares. Y avait il de quoi rêver ?
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