

Jeanne a mangé des cerises, hier. Les premières de la saison. Il a fallu qu’elle reactive ses papilles pour se rappeler de ce goût si particulier, doux et sucré, légèrement acidulé. Son cerisier était un géant d’Hedelfingen, une sorte de bigarreau très rustique et très résistant. Il a été planté il y a dix-huit ans. Il donnait bien mais les premières cerises bien rouges étaient en hauteur et Jeanne ne pouvait pas toutes les attraper. Jeanne avait envie de faire l’amour, avec Jean notamment. Ces cerises aiguisaient son appétit et elle ne disait rien à Jean pour rester désirable. Elle était circonspecte et ne pensait qu’à ces cerises qui allaient la contenter, à défaut d’autre chose de plus concret. Elle pensait à Jean dans le plus simple dénuement et il allait falloir encore quelques années pour accéder à ce qu’elle voulait présentement. La littérature valait bien ce sacerdoce.
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