


Hier soir, Jeanne est allée voir le feu d’artifice de Saint-Avit-les-Monts. D’habitude, elle se poste dans son jardin pour regarder le feu d’artifice mais elle ne voit pas forcément tout, elle ne voit pas les éléments les plus bas. Hier, elle s’est postée sur une esplanade et a vu en même temps le feu d’artifice d’Aurelcastel. Elle a estimé que le feu d’artifice de son village était plus joli. Elle en a eu plein la vue. Elle a été contente de voir ce spectacle. Ça a fait redescendre la tension des derniers jours, de cette boule qu’elle avait sentie à la poitrine. Il ne lui reste plus qu’à passer une échographie. C’est le genre de discussion qu’elle n’aura pas avec Jean. Elle garde son inquiétude pour elle. Comme d’habitude. Pas la peine de la partager avec sa mère et son frère. Ils s’en fichent comme d’une guigne. Ils ne sont préoccupés que par leurs petits bobos. Jeanne doit se débrouiller seule avec ses maladies et y fait face comme elle peut. Pour l’aider à guérir, elle a ses médicaments, son atelier d’écriture et sa psychologue. Pour détruire tout cela, elle a sa famille. Son équilibre est fragile. Elle doit être seule si elle veut être solide et équilibrée et se passer de sa mère aussi souvent que possible. Jeanne va mieux. Elle ne pense pas beaucoup à Jean en ce moment. Elle l’aime encore mais moins souvent.
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