
Jeanne n’habite rien d’autre que le temps. C’est tout ce qu’elle peut habiter dans son existence. C’est la seule place qu’elle ait trouvée. Le reste, elle l’emprunte, elle ne l’habite pas vraiment. Jeanne pense beaucoup à Jean ces derniers temps, comme un regain de passion qui remonterait le temps. Plus elle avance dans son roman, plus elle aime Jean. Il faudrait qu’elle introduise un Jean quelconque dans ce roman. A qui pourrait-elle déclarer sa flamme ? Un amour caché et contrarié ? Jeanne entend comme des oies ce matin au loin. Serait-ce l’heure du rassemblement ? Hier, Jeanne a vu des hirondelles comme affolees en train de se regrouper. Serait-ce la fin des vacances et de l’été ? Jeanne, elle, n’a pas encore commencé ses vacances. A-t-elle hâte d’être à la fin de la semaine ? Oui et non. Il faudra encore qu’elle fasse la route et elle redoute la route et sa fatigue. Jeanne fatigue plus souvent qu’avant. Jeanne vieillit. Et elle pense à Jean, son sexy sexagénaire. Que faire ?
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