
La mère de Jeanne cultive les emmerdes. La mère de Jeanne passe son temps à l’engueuler. Jamais contente, jamais satisfaite. A ce train là, Jeanne est soit bonne pour le suicide soit bonne pour l’hôpital psychiatrique. Jeanne était pleine d’allant en arrivant en vacances. Aujourd’hui, elle est démotivée. Il pleut et il est vrai que ça n’arrange rien. Plus de promenade, plus de photos. A la place, la soupe à la grimace. Jeanne s’est fait couper les cheveux et ses cheveux frisent. Ils font de belles boucles. Et ça défrise sa mère qui l’envie d’avoir de si beaux cheveux. Sa mère ne dort pas. Jeanne non plus. Elles n’ont pas la même manière de gérer leurs insomnies. Jeanne doit écrire son roman. Sa mère lui en laissera-t-elle le temps ? Pour l’instant, les idées fusent. Jeanne s’en étonne. Habituellement, sa mère lui coupe toute son inspiration. Là, Jeanne essaie de s’éloigner au maximum de sa mère. Ça lui réussit. Mais sa mère est frustrée. Elle ne sait pas se contenter de l’attention qu’on lui donne. Elle veut être le centre de l’attention éternellement. La reine mère en quelque sorte. Jeanne fait figure de figurante dans la vie de sa mère. Elle n’est là que pour lui tenir compagnie et la suppléer dans les tâches ménagères. Jeanne sait bien qu’elle n’est que subsidiaire dans la vie de sa famille. Elle sait très bien qu’elle n’a jamais eu de place avec eux. C’est ainsi qu’elle s’est toujours mise de côté pour vivre sa vie d’observatrice et de lectrice des mœurs de ses contemporains. Jeanne préfère ainsi la solitude. Ça lui demande moins d’effort d’adaptation. C’est le bordel dans la tête de Jeanne. Il faut vraiment qu’elle se tienne éloignée de sa mère. Il en va de sa survie. Sa mère a un tel appétit de vivre qu’elle dévore tout sur son passage. Elle anéantit tout. Jeanne doit vivre avant tout.
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