
Difficile de savoir si Jeanne est en Bretagne ou en Corse si ce n’est la température. Ce matin, il pleut. On sait donc où Jeanne réside pendant ses vacances. Les escargots sortent. Est-ce une métaphore de se hâter lentement sur son roman ? Jeanne fourmille d’idées. Elle a peur d’en perdre en cours de route. Elle a le début, la fin et un peu du milieu. Il faut qu’elle remplisse des dates. C’est un chantier de longue haleine. Elle a déjà écrit 145 pages d’un format de livre de poche. Tout cela en un peu plus d’un mois. Mine de rien, elle travaille mais elle se trouve trop nonchalante pendant ses vacances. Il va falloir avancer. L’atelier d’écriture reprend le 10 septembre. Pourra-t-elle tout concilier, travail à la mediatheque et travail d’apprenti écrivain ? Elle a peur de fatiguer. Mais elle a un but et ne se sent plus seule. Bientôt, ce sera le premier anniversaire de la mort de Pom. Ses comptes Facebook ont été supprimés. Ses frères l’ont effacée. Jeanne pensait moins à elle depuis quelques temps. Elle n’a pas laissé de trace d’elle. Tout s’efface, tout se meurt. Jeanne réfléchit et espère que son compte Facebook restera ouvert après sa mort. Une trace perdue dans l’océan des réseaux sociaux. Juste une goutte d’eau.
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