
Jeanne a failli se crasher hier matin. Elle a craqué chez la psy. Elle en a plus qu’assez de rester enfermée toute la journée, quand elle est au travail et quand elle rentre chez elle le soir. Elle en a marre de cette routine avec l’heure du lever, l’heure du petit-déjeuner, l’heure de l’habillage, l’heure d’aller au boulot, l’heure de déjeuner, l’heure de retourner au boulot, l’heure de rentrer du boulot et l’heure enfin d’écrire. Jeanne serait prête à ne faire qu’écrire si elle n’habitait pas Aurelcastel. Elle s’ennuie ici. Elle ne connaît personne, elle est totalement isolée et ne parle à personne. Elle ne voit qu’une seule solution : quitter le Loir pour rejoindre la mer, celle de sa chère Bretagne, la petite mer de Gâvres qui l’attente tous les jours avec ses mouettes et ses aigrettes. Qu’a-t-elle à la place ? Les insultes et les cris de ses voisins, les musiques trop fortes et les voitures qui passent sans cesse devant chez elle. Alors elle s’isole, se console comme elle peut en écrivant. Elle pense à Jean qui a la chance d’écrire tout le temps. Que va-t-elle faire à présent ? Craquer et se mettre en arrêt maladie ? C’est ce qui lui pend au nez si ça continue. A son travail, Chantal et Marie-Odile sont odieuses. Il va falloir qu’elle les ignore. Allons-y pour les ignorer.
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