
Jeanne a l’impression d’être en état d’incarcération, qu’elle est obligée de s’enfermer pour ne pas être surveillée, épiée, pour que l’on ne regarde pas ce qui se passe chez elle. Ses voisins les gitans consanguins passent leur temps à regarder ce qui se passe dans la rue. Elle a déjà remarqué qu’ils regardaient chez elle du côté jardin. Quand elle est au travail, Jeanne est enfermée toute la journée. Jeanne est enfermée, Jeanne s’enferme, Jeanne est dans une prison qui ne donne pas son nom. Jeanne est en état d’incarcération et pourtant, elle n’a strictement rien fait, si ce n’est avoir été malade pendant trois ans. Jeanne s’enferme avec son chat dont elle veut profiter jusqu’à son trépas. Jeanne aime Cerise plus que de raison, c’est sa seule raison de vivre avec le roman qui est en cours et sur lequel elle n’est pas assez concentrée. Et pourtant il faut qu’elle continue pour qu’elle continue à aller mieux. Jeanne a rassemblé ses esprits. Il faut qu’elle rassemble maintenant ce qu’elle a fait dans son roman. C’est une petite boîte dans laquelle elle a plaisir aussi à s’enfermer. Comme elle lit Espèces d’espaces de Perec, livre qui parle de littérature sans en avoir l’air, elle essaie d’en tirer les leçons. Aujourd’hui comme hier, il fait sombre et pluvieux. Il faudra qu’elle trouve une petite éclaircie pour mettre dans son roman ce qu’elle veut. Il n’est pas publiable son roman mais elle l’aime plus qu’un peu.
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