
Jeanne écrit sur Facebook, s’épanche sur Instagram, se lance sur ses blogs mais tous ces épanchements ne lui suffisent pas. Il lui manque toujours quelque chose. Un public ? Des amis ? Des commentaires ? De quoi lier de nouvelles amitiés, de nouvelles connaissances, d’appartenir vraiment à un réseau ? Quand Jeanne s’enferme dans l’écriture de son roman qu’elle ne partage avec personne, cela lui fait du bien. Elle n’a l’impression de manquer de rien. Elle va bien. Elle est dans la complétude de son être et cela lui fait du bien. Jeanne doit tout miser sur son roman pour assumer sa vie. Ira-t-elle jusqu’au bout de la démarche ? Le fera-t-elle publier ? Elle pense que ce roman n’intéressera personne, et surtout aucun éditeur. Il n’est précurseur en rien. Il n’intéresse que Jeanne. Jeanne et ses obsessions. Le célibat, pas d’enfant, le lien avec la nature. Personne ne se sentira touché par une histoire des temps anciens. Jeanne ne s’inscrit dans rien. C’est peut-être ce qui manque à sa raison de vivre si ce n’est la peur d’être enfermée dans un carcan. Jeanne n’a plus d’objectif, si ce n’est écrire pour elle et le garder pour elle. Ce qu’elle fait sur les réseaux sociaux n’est que pur narcissisme. Est-ce aussi le cas de Jean ? Les videopoesies de Jean ont repris. Jeanne aimerait tant en faire autant mais elle n’a pas le temps et elle a peur de ne plus savoir s’y prendre. Jeanne a un peu le trac et elle a du mal à tout concilier, travail, corvées et écriture. Mais il faut bien qu’elle s’assume et personne ne pourra le faire à sa place. Après tout elle a 52 ans et plus 12 ans.
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