

Jeanne est plus attachée à Marcel Proust qu’il n’y paraît. Elle a été envoûtée par sa dernière visite à la Maison de Tante Léonie à Illiers-Combray. Elle ne pensait pas qu’elle serait touchée tant que cela. Elle y pense puissamment à Marcel, à l’atmosphère de la Recherche. Elle se dit qu’elle en lirait bien quelques extraits mais elle ne peut pas faire que cela. En fait, Jeanne avait été totalement bouleversée par la lecture de la Recherche du temps perdu. Elle s’est alors dit qu’il ne fallait plus qu’elle perde de temps elle non plus, qu’il fallait qu’elle devienne écrivain. Ça a été la révélation de Noël 2019. Puis il y a eu le Covid, la tentative de suicide, le burn out, les deux années d’arrêt maladie où elle a renoué avec l’écriture et découvert son atelier d’écriture, le retour et la découverte d’un nouveau travail. Et depuis 2021, elle écrit sans cesse, sans relâche, de manière anarchique et désordonnée. Évidemment elle pense à son Proust, à Éric Chevillard et à Annie Ernaux, à Patrick Modiano aussi. Tous ces grands de la littérature qu’elle a beaucoup aimés. Elle sait qu’elle n’a pas leur petite musique. Elle sait qu’elle n’est pas capable d’écrire à leur hauteur, elle sait qu’elle n’en trouvera pas tout à fait les motifs. Mais écrire son roman lui fait beaucoup de bien et la libère de son quotidien. Elle ne se couche pas de bonne heure et se lève tôt chaque matin. Elle ne dort pas beaucoup, elle a tous ces écrits qui affleurent dans sa tête. Mais pour l’instant ils ne font qu’affleurer. Il faudra trouver un moment pour concrétiser. A-t-elle le moindre talent ? Ce n’est pas à elle ni à moi de le dire. De toute façon, Jeanne continue à écrire, lecteur ou pas lecteur.
Laisser un commentaire