
Jeanne avait encore il y a quelques semaines des envies de mourir. C’est pour l’instant derrière elle. Reste que Jeanne aimerait bien savoir s’il faut qu’elle se prépare à la mort de sa mère ou si elle va continuer encore à vivre. Ils n’ont pas l’air de prendre en considération son insuffisance cardiaque à l’hôpital d’Aurelcastel. Il faudrait qu’elle soit transférée à l’hôpital de Chartres en service cardiologie et non rester en gériatrie aiguë comme elle l’est actuellement avec les petits vieux qui perdent la tête. Elle y a vu la femme d’un monsieur qu’elle connaît et qui est complètement déboussolée. Jeanne espère qu’elle ne va pas croupir dans cet état de fait comme elle baignerait dans une couche Confiance pleine d’ecrements. Jeanne n’est pas au bout de ses peines. Il va certainement qu’elle mène une bataille et elle sera seule pour la mener. Son frère ne prend pas l’état de santé de sa mère au sérieux. Il y voit une part de comédie. Jeanne a écouté son médecin qui dit qu’il faut qu’on sache d’où vient cette insuffisance cardiaque. Qu’elle doit être prise en charge à Chartres. Mais pour l’instant, rien n’est fait. Comme elle est en gériatrie, on laisse mourir les gens à petits feux. On attend qu’ils s’éteignent comme une petite bougie. Ils n’ont déjà plus de petite flamme. L’eteignoir est déjà là. On attend qu’il fasse son office. Où en sera la mère de Jeanne dans une semaine ?
Jeanne se pose des questions et ne sait pas si ce sont les bonnes. Il en résulte que sa mère doit être soignée pour ses problèmes de cœur et pas seulement pour ses problèmes cutanés. La mère de Jeanne est victime de sa bobologie. Son médecin a soigné ses petits bobos mais pas là où il y avait les vrais problèmes parce que sa mère venait avec ses problèmes à côté de la plaque, comme d’habitude. Son état de santé n’a pas été réellement pris au sérieux. Son médecin généraliste est dépassée parce qu’elle a trop de patientele. Elle ne peut pas soigner les gens sur le fond, elle n’en n’a pas le temps. Elle aurait dû renvoyer sa mère vers d’autres spécialistes. Faire de la prévention plutôt que du curatif. Et on traite maintenant les problèmes en urgence. Ce qui coûte plus cher à la France. Voilà où on en est de la gerontocratie de la génération yeye.
Pendant ce temps-là, Jeanne doit dire à son psychiatre quels médicaments il doit lui prescrire. Et voilà. Jeanne prend en charge sa maladie. Jeanne prend tout en charge. Mais Jeanne ne peut plus prendre sa mère en charge. Elle veut se préserver. Elle a un roman sur l’amour de la nature à finir d’écrire.
Laisser un commentaire