De Jeanne à Jean

.

Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Et la mère de Jeanne ?

Jeanne se doute que sa mère va mourir un jour. Qu’en est-il de son état de santé ? Pour l’instant, il n’est guère encourageant. Jeanne ne sait plus très bien où elle en est. Elle a peur de s’oublier si elle ne met pas de la distance avec la maladie de sa mère. Jeanne ne veut pas souffrir, Jeanne ne veut pas tout sacrifier pour sa mère. Sa mère n’a aucun égard pour elle. Elle n’a aucun égard pour elle a la mort de Cerise. Il n’y a qu’elle qui devrait exister. Évidemment, Jeanne ne peut plus laisser faire ça. Ce n’est pas la faute de Jeanne si sa mère est mal soignée. En fait, elle n’est pas soignée et est plutôt maltraitée par l’institution, par le médecin qui ne fait rien où n’arrive à rien, qui ne prescrit rien. Qui fait de l’occupationnel et qui occupe ses journées avec un beau stéthoscope. Jeanne pense que ça s’arrête là. Le médecin est un stagiaire. Un stagiaire de la jeune Afrique qui a un rapport personnel avec le temps et la mort. Quand sa mère est entrée à l’hôpital, elle était encore vive et vaillante. Elle en est arrivée à un haut point de fatigue. Elle n’a presque plus envie de se battre. Ce n’est pas qu’elle est vieilli, elle s’est considérablement ramollie et affaiblie. Elle ne doit boire qu’un demi litre d’eau dans la journée. La mère de Jeanne a du considérablement se déshydrater. Donc, Jeanne sait pertinemment que sa mère va mal. Mais comment en prendre soin sans que Jeanne ne se fasse avaler par la spirale infernale de sa mère, ce puits sans fond, cette éternelle insatisfaction ? Jeanne a encore une fois peur de se faire avaler toute crue. Et Jeanne a raison. On n’aura jamais d’égards ni de pitié pour elle. Pour elle, c’est marche ou crève. C’est le seul soin qu’on ne lui ai jamais vraiment donné. Il n’y a que Pom et Chrys qui ont de la considération pour elle. Et Pom n’est plus là. Jeanne ne peut qu’avancer seule, avec son écriture et ses carnets maintenant qu’elle a retrouvé la raison. Jusqu’à quand pourra-t-elle gardé la raison ? Déjà, Jeanne se sent plus ou moins faillir. Sa mère l’a toujours rendue folle. Sa mère rend les autres totalement fous. Sa mère est toxique ? Sa mère ne se nourrit que des faiblesses des autres. Sa mère ne se bâtit que sur les faiblesses des autres. Sa mère est boiteuse et déséquilibrée. Jeanne est donc déséquilibrée. C’est ce que sa mère lui reprochait quand elle était petite sans se remettre elle-même en question. L’heure n’est plus à l’introspection mais à l’action. Jusqu’ici, Jeanne a fait. Mais avec l’attitude hier de sa mère, d’eternelle autorité, Jeanne a du mal à exister. Elle ne sait plus sur quel pied danser et quelles limites elle va être obligée de poser pour ne pas se faire avaler toute crue. Dans quelques semaines, Jeanne pourrait mourir. C’est ce qu’elle se dit dans les prochains événements à venir.


En savoir plus sur De Jeanne à Jean

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur De Jeanne à Jean

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture