


Vue plongeante chez les voisins de Jeanne, des nomades sédentarisés qui jouent encore aux gitans, à la magouille, à la malhonnêteté. Ils obligent un gamin de 10 ans à mentir pour qu’ils ne soient pas dénoncés à l’ASE. Ce matin, la gitane maïs a jeté deux sacs en papier kraft de bouteilles de 1664. Deux sacs remplis, prêts à craquer. Tout ce qu’ils ont écluse hier soir, alors que le chien, qui stationnait sous la neige dehors, exprimait ses lamentations par des aboiements intempestifs. Ces gens là boivent, crient, hurlent, des Ta gueule tête de mort, des Va manger tes morts. Ces gens là sont pleins de rancune de ne plus vivre comme des gitans à la rue. Ils ont désormais les poules que leurs ancêtres s’efforçaient de voler. Les poules mangent des petits princes de Lu, un délice de céréales. Et Jeanne voit tout, entend tout, enregistre tout. Pour en faire quoi ? Les dénoncer à la gendarmerie ou en faire des romans, des fragments de romans, des instants de vie ? Qu’attendent ils de la tête de mort que Jeanne est pour eux ? Que veulent-ils en faire, avec cette caravane au bout de leur jardin qui ne sert à rien d’autre qu’à emmerder la voisine. Il n’y a que ça qu’ils savent faire. Devant, sur leur perron, à la vue de tous, il y a une Vierge bleue, une grande Vierge au voile bleu qui prie pour qui, pour quoi ? Pour qu’ils continuent à boire sur la marche du monde qui les a oubliés ? Bientôt, plus de RSA. Ils seront à la merci du temps qu’ils n’ont pas donné. Ils prennent tout, ne donnent rien.
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