De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Jeanne a fait l’amour avec Jean

Oh, que c’était beau, que c’était grand. Jeanne a fait l’amour avec Jean. Il s’est présenté tel un chevalier sur sa moto qui petaradait. Et là, quand elle a vu et entendu ça, et quand elle a vu qu’il était venu rien que pour elle, Jeanne a littéralement fondu. Un vent d’érotisme a soufflé sur sa chevelure bien embarrassée par les nœuds qu’il y avait dedans. Jean ne portait pas de casque mais un bandana comme lorsqu’elle avait 14 ans. Et ensuite, que s’est-il passé ? Je vous laisse le deviner. Jeanne s’est réveillée à cause d’une notification de son téléphone. C’était un message privé de Jean sur messenger (c’est important de citer les marques à l’heure actuelle des méta données) qui lui disait : bonjour bon café et bonne journée suivi d’une petite feuille d’ortie. Oui, Jeanne aime l’ortie. Ça lui rappelle le chien des Lesourd, des amis un peu bouchés de ses parents qui avaient eu cette pauvre bête à la SPA. Et elle disait souvent au chien désobéissant : attention Ortie, tu vas retourner à la PA. Et Jeanne, avec son grand sens de la dérision, avait envie de lui rire au nez, à cette comique qui aime avoir chaud en hiver et froid l’été. C’est vrai que la Guadeloupe en février, c’est le pied quand on revient aussi bronzé que le cul d’un chimpanzé. Et Jeanne aime bien les chimpanzés. Elle sait qu’elle leur ressemble. Pour elle, ce sont ses frères de sang, à défaut d’autre chose.

Jeanne est seule, totalement déréglée, elle ne sait plus quand il faut dormir ni même manger. Quand il faut sortir ou rentrer. Elle est au taquet, toujours prête à se moquer de sa destinée. Jeanne se moque de tout, tourne tout en dérision tant elle ne sait pas où est la vérité. Mais où se cache le secret du beauceron ? Entre les mains de Marc Guillemin ? Dans les cheveux de Françoise ? Où se trouve la poule rousse ? Elle est cachée au fond du jardin, morte enterrée avec le chien. Jeanne est dans sa fiction. Rien n’est rêve, rien n’est irrealite, tout est cauchemard. Heureusement, Jeanne a son ironie pour la sauver, son amour du second degré et l’épaisseur de sa pensée réduite à des préoccupations d’ordre anales. C’est ce que l’on fait d’elle qui ne veut rien, qui subit les contrefeux et s’en va creuser des trous dans la campagne où elle laisse des points de suspension partout. Ici, pas de point et pis c’est tout


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