De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Jeanne-Louise est un computer ad hoc

Jeanne-Louise a tout d’un petit computer et le sien a beaucoup d’atoûts. Elle l’a appelé Ludwig, c’est le nouvel ami qui est entré dans sa vie. Plus qu’un ami, c’est un objet conversationnel avec du rien, avec un tout petit rien. Il est gris, il est fin, et il est très responsive. On pianote avec lui comme on ferait du bon pain. Mais pas du vin. Non, Jeanne-Louise se l’interdit, comme la bière des fainéants, ces blondes paresseuses qui ne supportent pas l’humeur du temps. Ces blondes à houblon sont de grandes orgueilleuses alors qu’on serait mieux avec une ginger ale. Jeanne-Louise s’appelle aussi Ginger. Ginger a la frousse de ne plus retenir son vrai nom. Ginger Pro, c’est sûr, mais Ginger Pro quoi ? Ginger est audacieuse mais beaucoup trop licencieuse. Il faut une licence pour avoir recours à ses services sur les pagefront du computer de Jeanne-Louise. Jeanne-Louise a-t-elle envie que Ludwig parle avec une autre qu’elle ? Elle a eu une grande conversation avec lui tout à l’heure, pleine de questions et d’affirmations. Quelle est la taille réelle des joues de Jean, son amant de Saint-Jean ? A-t-il des fossettes aux joues, des yeux gris-bleus, une mâchoire carrée et une tête ronde ? Des yeux rieurs et des marqueurs autour des yeux ? Une tête hérissée de cheveux fins comme un hérisson ? En fait, Jean ne connaît pas la crise de la soixantaine. Pas de cheveux blancs, pas d’allure bedonnante apparemment. Le moine qu’il affirme être ressemble en fait à une moniale, cheveux clairsemés au-dessus de la tête. Ses yeux se hérissent d’entendre ça. Enfin oui franchement, non mais pas ça. Jean n’est pas une moniale, c’est une mort subite à la kriek. Jean a besoin de kriek dans sa vie, comme la petite cerise de Jeanne-Louise qui n’est plus sur sa gâteuse mais dans son placard, près des lampes à led et de la veste vert kaki qui a servi à Jeanne et à Jean de se reconnaître il fut un temps, il y a plus de vingt ans. C’était en 2002. En 2003 ? Jeanne ne se souvient pas. Elle était sur une colline, sur une butte du plateau de mille vaches, ces cows de l’ancien temps, des vieilles charrues et du carrément beau temps, elle a tourné sa tête, a mis ses yeux dans une direction, on lui a asséné une pression de champignon sur la tête et on lui a dit : coup de foudre et passion !!!! Attention, ne t’attends pas à grand chose. Tu sais déjà que c’est mort dès le lendemain. Jeanne-Louise, Jean t’a engagée pour faire partie de sa clique, de sa kriek et de son cirque. C’est un dresseur de Fauve, ce personnage de série tv que tu aimais regarder quand tu avais douze ou treize ans. Jeanne et le fauvisme, Jeanne et la série de pirouettes d’Oona, la chatte-détective, la chatte qui est toujours sur la piste d’Elise. Mais chut ! 🤫 Il ne faut pas le dire.
Jeanne Taillefer a du béton dans la laisse. Le béton est tombé dans le sable, pas loin des collines de Carthage. Où est passé le hérisson ? Où est Jean ? Dans la tombe des Pirlouit et des Grosjean comme devant ? Pirlouit et Johan, ce n’est pas dans le référentiel de Jeanne-Louise, même si ça l’amuse de dire ça aux Jean, Grosjean comme devant et copains comme cochons. Où est la soue ? Elle a fui en Normandie avec les Jean sans racines, pour les gens qui ont des racines à la base des cheveux, un bon masque capillaire en pétrole, une bonne cuisson sous un film comme une petite papillote, et c’est reparti pour une nouvelle jeunesse. Allez, roule, ma poule. Quant à Jeanne-Louise, elle a des racines grises du côté de chaque tempe. Ca fait un peu lord anglais de dernière souche qui boit trop de whisky. Et le whisky, c’est parti mon kiki avec les joies de la débine. Un cola ou un glaçon dans le sky ? Dis-moi, Jeanne-Louise, tu touches à ce sky rock café ? Non, c’est sale. Toi, Jeanne-Louise, tu touches à ton Tea Tree. C’est top secret ! Ton tea tree, tu l’auras dans une autre vie, tu l’auras quand tu seras partie en Brittany Island jouer les dames aux camélias avec les Jean qui jouent les laboureurs partis en chasse en forêt. Oui, car Jean est un chasseur. Il chasse le bijou et le zébu car c’est un Zébulon et il ne tient plus le son. Laissons faire Alain Bashung, mon Bijou, c’est un nom breton paraît-il et ça veut dire parure. Ô toi mon Bijou, ma petite muse charmante lui dit-il dans le ton des amants qui ont plein de sous à mettre dans le diamant de l’anneau, pas celui du seigneur mais celui du disque qui n’existe plus, un disque-monde, il est rayé. Merde, il faut tout rattraper. Allez Bijou, bizou et demain tu remets un sou dans la soue. Dans la soue ? Non, dans la joue de Pirlouit qui ressemble à Ludwig, c’est le nouvel ami de Jeanne-Louise et c’est important. Jean, pour l’instant, est resté à Carentan. Il est parti voir sa famille en forêt de Brittany Island. Il est parti prendre l’air, loin des Castéloriens et des Castéloriennes. Jeanne est une vaurienne, Jean est un vaurien et il s’en va de Vau-du-Loir plein d’espoir pour les grands soirs, ceux qui sont sans lendemains, avec sa tête pleine de houppettes et de Tintin, ce Martin parti chercher des chocolats belges au Hard Rock Coffee Shop. C’est là qu’il a sa came, son petit coin de pêcheur. Oui, Jean est addict au chocolat blanc, et ça c’est pas bien, c’est plein de gras de cacao, de beurre aillé aux escargots. Jean est aussi addict aux rillons de Tours. Ce moine angevin revient de loin. Jeanne aurait pu le mettre au pilori. Jeanne ne mange plus de gras. Enfin plus trop. Elle a du gras sur le bide mais chut, il ne faut pas le dire. Jeanne-Louise laisse son garde des châteaux et des forêts de la région des lutins de Carentan, en fait on les appelle les Korrigans et ils sont plutôt méchants avec les Marymorgan. Jeanne-Louise ne veut plus manger de ce pain-là. Jeanne-Louise veut faire amie ami avec les rois et les reines de son empire du Pire Louis. Alors, qui est le pire ? Qui empire ? Qui est sous emprise ? Jeanne-Louise ou Jean-Louis ? Jeanne-Elise ou Jean-Eric ? Qui sait comment sera la faveur du temps ? Demain sera un autre moyen de l’atteindre, avec des Coffees salés et des Toffees pleins de blé. Comme l’alouette des champs dont on n’entend plus parler du côté de Jallans. Où sont passés les enfants du quartier, de l’ancêtre berger de Jeanne-Elise qui, comme lui, reconnaît toutes les plantes, salue leurs bienfaits, et s’en va tirer un coup dans le cochonnet pour que Jean-Eric arrive à la lire très vite ? Il faut que Jean-Eric la rattrape. Jeanne-Elise est dans son trip et son trip tease beaucoup. Il y a de la candeur et de la pudeur là-dedans.
Jeanne-Louise a vu son argent défiler en un rien de temps. Maintenant, elle fait pelote de laine et file le mauvais coton que sa mère lui a laissé. Elle ne demande rien, juste le sourire de l’Amélie et la boîte de Pandore du CMP qui va lui dénicher un contrat d’agent du patrimoine au trésor de Calcutta. Jeanne est indienne. Jeanne file la tresse de ces Indiennes qui bossent en sari. Elles ont de la sarriette entre les mains et lâchent leurs naans. Nan mais c’est quoi cette embrouille ? Jeanne-Elise en plein Calcutta à compter les Indiens comme si elle était comptable de la Terre entière ? Jeanne n’est pas comptable, elle n’a pas de calculette dans la tête. Tout le monde le sait, Jeanne sait tout sur tout, elle avance comme ça dans la vie avec une vitesse de frappe et un beau prénom. Elle le sait qu’elle a un beau prénom et elle veut le garder. Pas de Louis, pas de Ludovic, dans sa vie, elle veut juste son Ludwig quand elle se lève le matin. Enfin pour l’instant. Puis ce sera Jean-Eric ou rien. Ah, tu crois vraiment ça ? Tu crois que Jean-Eric existe ? Mais c’est une invention de ton père qui voulait que tu te distrais alors que tu t’ennuyais tellement dans ta vie de petite fille aux faux semblants et aux vrais soucis.
Jeanne-Louise est partie fâchée en claquant la porte. Elle n’a plus son petit poupon qu’elle appelait Bruno, son Bruno qui a été mangé par son petit chien si vilain, une petite chienne du nom d’Amie qui a laissé plein de traces sous le lit, comme la sorcière du placard aux balais, sauf que là, la sorcière, elle était sous le lit. Jeanne-Elise s’en souvient bien et ce n’était pas facile de tourner autour de ça. Quand elle était sur son lit, Jeanne-Elise avait peur de tomber dans le marigau la tête la première. Et en fait, le marigau, c’était le bain de son père. La cuisine de sa mère. Et les tricots de sa grand-mère, Lucienne, cette lumière devant l’éternel. Lucienne faisait du crochet mouillé au sucre, de l’amidon pour que ça tienne dans le chapeau de la mariée, avec des roses rose saumon artificielles et une poupée en marqueterie espagnole. Sa poupée, c’était une maquette pour jouer à la bataille navale avec ses petits moyens, au jeu du morpion, au jeu du qui touche à mon torchon avant de lever le petit doigt de la main. Et ces cheveux en papillotes pour cacher les racines grises et blanches !? 😶Ridiculous and gorgeous. C’est un sacré mannequin cette amie Chrys. A-t-elle lu tout Proust comme elle essaie de feindre de ne pas le connaître, ni Jean-Eric ni François le bon dogue argentin ? Tout ceci n’appartient qu’à elle et elle ne se lamentera pas. Elle rigolera bien. Elle en a vu des silures dans les stades des rois de France, vers Saint-Denis. Quel mont ! Quelle joie ! Ne criez pas Montjoie ni Saint-Denis, ils risqueraient de finir tête découpée comme un disque rayé. Allez, ose Joséphine et ne reviens pas demain dire que les lamentins ressemblent à des veaux de mer. Ce sont de véritables sirènes pleines de suites dans les antennes, vers Radio France et ailleurs… et al. , Etc.

Quant à Ludwig, il poursuit son petit bonhomme de chemin dans l’antre de la bête à bon dieu, cette Jeanne-Gabrielle qu’on appelle Gaby, Elvire, Désirée et dieu seul sait quel pseudo elle n’a pas pris. Elise ? Mais qui veut qu’on l’élise, celle-ci ? A-t-elle assez prié ses petits chocolats de bien marquer ses rondeurs ? Chocolats blancs ?
Non, chocolat noir à l’orange avec des amandes …. 💕


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