De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Il est temps

Il est temps de faire ses bagages, de prendre le chat et de partir loin. Pour aller vers quelle contrée, quel nouveau gynécée, quelle nouvelle maison de retraite ? Jeanne-Elise pique une assiette à sa jument grise. Jeanne-Elise est la jument verte de Marcel Aymé. Et maintenant que l’on sait ceci, qu’ajouter de plus ? Que l’hygiène se mesure à l’aune de celui qui inspecte, qui furète, qui maudit toutes les filles qui sont suspectes de trop embrasser les garçons. Mais Jeanne-Elise contrevient à toutes les conventions. L’hygiène, pour elle, est avant tout buccale et fécale. Ensuite, c’est de la merde aux oreilles des bullshits ! ! !
Sitting Bull repose en paix. On ne sait jamais ce qui va se passer dans ces lauriers. Qui doit-on suspecter après ? Jean-Eric de trop en jouer alors qu’il aurait mieux fait de faire machine arrière ? Il loue les machines de l’arrière-pays franc-comtois, il use de subterfuges pour faire blondir Jeanne-Elise mais que nenni, Jeanne-Elise n’est pas blonde, elle est juste :::: blond vénitien ? Blond cendré cuivré ? Du roux cuivré des petits chiens de la mère Poulard ? Et après tout, on s’en fiche de tout ça!!!
Jeanne Decouty est une sensuelle avec les affaires de marque même si elles n’apparaissent jamais sur ses affaires d’apparat. Elle aime la sensualité des chats, leur faconde et leur odeur si abondamment rose et violette à la fois. Jeanne-Elise aime son chat, la dénommée Oona, fille d’esperluète et gentille petite minette aux reflets blancs et dorés, tirant légèrement sur le rouge.
Cette Oona-là est bel et bien la fille du diable, une petite diablesse qui touche sa bille en souplesse.

La fille de la moon a des reflets argentés dans son pelage d’un blanc-black-noir, d’un orange-black et d’un red-blanc-black qui s’accorde avec tout, sauf avec les croissants qui font grossir Jeanne-Elise, qui est aussi ronde qu’une femme qui aime les haricots blancs, les chouquettes et les esperluètes dans la tête. Mais personne n’est dans sa tête justement, et c’est ce qui fait flipper les circonspects !!!
Jeanne-Elise tombe souvent dans tous les panneaux qu’on lui tend. Elle prend en photo, elle filme, elle se prend dans toutes les ornières du temps, par n’importe quel temps, elle a l’autorisation du diable, tonton Georges, qui l’a mise sur sa toile avec beaucoup d’affection et de diableries dans le fond de l’œil.
Jeanne-Elise se souvient de l’avoir vu quand elle était petite. Tonton Georges habitait le Nord avec tante Arlette. Il ressemblait à Jean Gabin. Jeanne-Elise a aussi une cousine qui ressemble à Geraldine Chaplin. Son grand-père ressemblait à Jules César et elle, Jeanne-Elise, ne ressemble qu’à elle. Ah si, sa mémé Jeanneton l’avait surnommée Pauline Carton. C’était pour mieux lui tirer dessus avec un fusil. Elle a même servi une fois de cible lorsqu’elle est allée se promener à Brou, près de l’armurerie qui porte le même nom qu’un dénommé Jean Loiseleur. Mais là n’est pas la question, on a visé Jeanne-Elise sciemment, en la suivant pas à pas, de la tête jusqu’aux pieds, et surtout au niveau de la tête, des tempes et entre les deux yeux. Jeanne-Elise a senti une lumière rouge lui chauffer à l’oreille et à l’intérieur du cerveau. On l’a tenue en joug, c’est tout ce qu’elle sait et se dont elle se souvient. Elle ne sait plus ce qui s’est passé après. Elle a décampé. A pris la fuite, comme à son habitude.
Jeanne-Elise fuit, tout le temps, même dans son présent. Jeanne-Elise est une petite suite orgueilleuse, pleine d’ouvertures et de fermetures chicaneuses. Non, Jeanne-Elise ne chicane pas, c’était pour la blague.
Et puis, cette après-midi, elle s’est replongée dans les dessins de son enfance. De sa toute petite enfance, avec les couleurs qu’elle aimait, le rose et le violet, le vert, un peu de bleu, du jaune, et l’arc-en-ciel qui finit en noir, car le noir est la couleur de toutes les couleurs. L’arc-en-ciel finit toujours en noir, qu’on le veuille ou non, même quand le ciel est bleu, vert ou glauque comme je l’ai montré il y a peu.
Et Jeanne-Elise était bien torturée quand elle était petite. A peine adroite mais déjà dans un sale état à deux ou trois ans passés, sans cesse contrariée par une discipline qu’elle n’a jamais eu l’intention de respecter. Alors elle est devenue sage mais fortement contrariée. D’où sa folie et son caractère brouillon.
« Merde, crotte, chiotte ! ! ! » avait-elle ainsi asséné à son institutrice, une dénommée Evelyne, qui lui a appris à lire et à écrire château, et elle a drôlement bien fait.
Aujourd’hui, Jeanne-Elise sait qu’elle n’habite pas dans un château. Elle habite à proximité d’un certain Châteaudun. C’est moins bien qu’Aurelcastel. Mais que voulez-vous, quand on ne s’y connait pas en castel ni en pixel, on se pique de faire des vers à peu cher. Et c’est vrai que Jeanne-Elise prend peu cher. Elle ne prend rien pour l’instant pour faire de la poésie et des romans à tout bout d’champ.
Et il faudra bien que ça finisse par payer un jour !!!!
Pour l’instant, Jeanne-Elise est dans le brouillard, dans le fog. La frog est dans le fog. Elle y restera jusqu’à la Saint-Valentin je crois. Après, mystère et boule de gomme.


Jean-Eric reviendra-t-il d’Afrique où il est parti voir les gnous plier comme des bonnes sœurs que l’on appelle les instances du cours meilleur ? Bon, ça c’est pour la blague. Cela ne veut rien dire en réalité. Jeanne ne sait même pas ce qu’elle a bien voulu dire. Elle s’est laissée emporter par le flow de Kae Tempest.

Et elle vous dit de sortir bien couvert car il ne fait pas chaud ces temps-ci en ces premiers frimas de l’hiver. En quel mois sommes-nous en calendrier républicain ? Nous sommes en Nivôse, nous sommes même le 7 Nivôse de l’an 0. Et voilà comment on convertit un saint, Valentin ou Fernand, en mois de neige et thrombose.
Il y a du sang sur la neige, c’est la petite perle qui coule, qui coule, qui coule, et qui parfait son shampooing du mois républicain en septembre 1906. Nous sommes aujourd’hui le 19 septembre 1906.
Non, encore mieux, nous sommes le 11 décembre 1942 comme Jeanne-Elise l’a rêvé cette nuit. Que s’est-il passé ce jour-là ? Un sacrifice de Halifax au-dessus de la Normandie ? Un bombardement d’usine au-dessus d’Annecy ?
« En France, les  cartes d’identité et d’alimentation doivent être estampillées avec le mot « juif » si la personne est qualifiée comme juive.« , est-il écrit sur un blog. C’est ça le drame de Jeanne-Elise, de toujours revenir à ses origines de petite fille juive cachée par Joseph Legrand de La Riche. Cela lui pose problème à Jeanne-Elise avec ce temps qui s’en va, elle sait qu’il ne faut pas qu’elle culpabilise mais c’est plus fort qu’elle, elle est faite pour mourir d’inanition et de gazage au front. Cette nouvelle de tonton Georges, qui habite le Nord avec tante Arlette, lui transperce le cœur et embue ses yeux qui se font encore plus bleus. Elle ne sait pas quoi dire, ne sait pas quoi faire. Le sort des juifs de France pendant la seconde guerre mondiale c’est son affaire, comme Dora Bruder de Patrick Modiano, Anne Franck qu’elle voyait quand elle était petite derrière les barbelés des camps de concentration à travers les rideaux de ses paupières. Et puis il y a eu Primo Levi, André Schwartz-Bart, Marcelline Loridan-Ivens, Simone Veil, Ginette Kolinka ?…. Oui un peu tout ça. Et d’autres femmes, d’autres hommes, Robert Antelme et Jorge Semprun… Qui ont fait dans leur froc tellement ils n’en pouvaient plus de ne plus être traités en êtres humains. Alors, Jeanne-Elise est-elle une bête ? Est-ce elle la bête dont on se repait les oreilles à longueur de soirées dans les dîners mondains avec des enfants qui sont pris pour moins que des chiens ?

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Jeanne-Elise est considérée comme un oiseau, comme un butor alors que sa conception de la vie est unique et à sens unique. Elle sait qu’elle ne partage rien. Demande-t-elle à ce qu’on lui prenne la main ? Non, elle est juste tenue par la voix d’une personne qui la tient par la tête, sa petite tête qui n’est pas si bien faite mais qui arrive à plaire à certains ? Croyez-vous cela ? Moi, je n’y crois pas mais je crois en Jeanne-Elise qui a la foi des grandes marquises dont on s’amuse à lui tendre une mouche alors qu’elle, elle ne rêve que de faire mouche !🪰


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