De Jeanne à Jean

.

Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Se repaître de cimetières ?

Jeanne se dit qu’elle en a assez des cimetières, que les morts ont assez trépassé pour qu’elle n’arrive plus à gamberger. Sur quoi s’asseoir, désormais et, surtout, avec qui ? Jean-Eric, Jean-Olivier ou Jean-Chistophe ?
Il n’est plus possible de savoir ce qui rend Jeanne-Elise si malade.
Une tombe d’enfant, la tombe d’une maman, d’un papa qui est aux cieux et qu’on a vu tant passer ces derniers temps dans tous les cimetières du temps, et tant, tant d’autres affaires qui se nouent à l’ombre des tombes, dans les caveaux de famille que l’on laisse à l’air libre tellement l’air y est irrespirable.
Que faut-il maintenant à cette fille qui se dit qu’une mort passable est toujours faisable ?
Des garanties, de l’illusoire, du pastis dans la passoire ?
Mais qu’est-ce que c’est qu’aujourd’hui que du pastis dans une passoire ?
De l’anis, du ricard pour richard ?
Qui est riche actuellement ?
Bernard, Vincent, Emmanuel, Jean-Marie, Marine, Jean-Luc, François H. et François B. ou François R. ? A moins qu’il y ait des Dominique SK, des Pierre B. et des Claude P. ? Où en est-on aujourd’hui de la justice des manants ? Au trou, aux oubliettes ?
Que faîtes-vous des filles replètes qui se complètent dans ces armoires qui n’ont pas le temps de se refaire une toilette ?
Aujourd’hui, on en est là.
Que pense Jeanne-Elise de tout ça ?
De ces riches qui détiennent le pouvoir dans les alcôves des plus paresseux mais toujours aussi ambitieux ! ! ! ! ! ?????
Allez, Jeanne-Elise, encore quelques ronds et tu arriveras à faire passer la bise qui s’engouffre dans le conduit de ta cheminée qui ne tire plus rien, même pas le moindre petit lapin. Pas un de tes ancêtres ne t’a appris ça. Comment élever des lapins, des poules, et tu aurais des oeufs, de la viande. Ah non, c’est vrai, tu n’aimes pas ça et tu n’en manges pas. Du poisson peut-être ? Aller chercher sa pitance dans les eaux saumâtres du Loir, pleines de métal, de savons et d’hydrocarbures ?

Mais ma pauvre fille, tu vois bien que tu n’es pas encore prête pour l’autarcie.
Non, pas maintenant et je ne ferais pas de mal à une mouche me semble-t-il, même pas à ses larves, alors c’est pour dire comment je respecte la vie humaine moi aussi…
J’apparais moi aussi tant bien que mal et je ne fais pas de mal. Je suis bien, loin de tout, je m’en vais par les chambres de l’immensité sidérale. Et pourtant, je ne suis que banale, rien à dire ou à redire là-dessus.
J’apparais loin de tout, des redites du vent, du temps et de l’immensité de la galaxie. Je suis une galaxie moi aussi.
Je fais fi de la poussière sur mes meubles, des toiles d’araignées dans mon cœur. Je tiens bien à présent, du moment que l’on ne m’appelle pas Gertrude mais Jeanne-Elise V. Jeanne-Elise V., Lucienne, Claudine et Champignac. Je viens du berceau des Champignac. Cela vous en bouche-t-il un coin ? Spirou et Fantasio n’ont qu’à bien se tenir, j’arrive dans leurs mésaventures en Mésopotamie !

J’en ai aussi pesé du grain. Du mauvais grain, du plus petit au plus mou. Du grain sec, encore humide, flétri ou tout juste acide. Trier, encore trier pour arriver à la béatitude dans tes petits pains que tu te prends en une ou deux bouchées. Du pain à l’huile d’olive et au sucre roux. C’est très bon, n’est-ce pas, avec un œuf, de la farine complète et de l’eau tiède ?
Ah oui, pourquoi pas, je n’y avais jamais imaginé comme cela, des petits pains à manger en une ou deux bouchées que l’on met dans des moules en silicone à muffin. Elle a une bonne tête la silicone. Elle est rose et bien pourvue de rigidité. Rien à redire, sauf qu’elle dégage quand même des hydrocarbures. Avec quoi est-elle composée ? Elle est réellement alimentaire ? On peut tout s’imaginer, mais ces PFAS restent toujours là, au fond. Vois-tu, Jeanne-Elise, dans ce dialogue, tu es seule mais tu rends compte au monde entier de ton expérience de petite ménagère qui carbure au café et au thé. Rien de transcendant jusqu’ici. Du café bio acheté chez Aldi, rien à redire, il est bon bien qu’un peu amer quand on commence à toucher au fond de la tasse. Il est fairtrade, c’est-à-dire qu’il est bio compatible avec les petits producteurs de l’Abyssinie ou de la Mésopotamie. Bon, ce n’est pas ici, tu t’égares, ça doit être quelque part entre le Pérou ou la Bolivie, peut-être au Honduras ou en Abyssinie, je le répète comme je te le dis. Et puis tu bois du thé, de l’Earl Grey, sans fairtrade et à grands frais. De l’Earl Grey Dancings of London. Et voilà que la brave Jeanne-Elise se met à faire un comparatif sur ce qu’il est mieux ou non de garder dans son garde-manger. Mais c’est qu’il va falloir faire des économies. Alors elle a acheté de la chicorée, pour mieux subvenir à ses envies et à ses besoins. Moins de caféine, moins de théine, et plus de beurre dans le cacao ?

Jeanne-Elise repense à tout ça. A ce bébé qui n’avait pas d’ayants-droits et qui n’en n’a toujours pas, à part ses frères et sa mère… Des cousins peut-être ? Des petits cousins et des petites cousines qui sont sur les rangs pour se dire que tiens, le poids plume qui était si lourd, on s’en ferait bien une enclume pour nos enterrements futurs, pleins d’imaginations et de luxures sur le fond ?
Mais qu’étions-nous, en effet ? Que faisions-nous avec ces diseuses de bonne aventure qui ne font rien d’autre que manger du bon pain pour qu’elles existent sur le berceau de nos propres illusions d’être passé à côté de quelque chose ?
Mais qu’est-ce que c’est que cette chose ?
Une merde, un étron ou toute autre chose qui s’en va dans les émoluments des grands flics du temps.
Et j’en sais quelque chose, mon double VC se bouche régulièrement. Trop de papier ou conduit trop étroit pour tout faire passer ?
Une bonne poussée d’Archimède et la merde est passée.
Voilà pour le temps, voilà pour les sous, voilà pour l’argent qui vient à manquer, qui va venir par faire défaut avec le temps, dès le mois de janvier.

Va-t-il falloir jouer au billard à trois bandes ou au billard américain ?
Ici, ça se joue dans toutes les positions. Il suffit d’avoir le bon mot de passe et abracadabra, tu passes et tu repasses ta boule au bon endroit. 😶


En savoir plus sur De Jeanne à Jean

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur De Jeanne à Jean

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture