De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Que dirais-tu de l’éternité et de danser ?

« Que dirais-tu d’aller voir à Newport si l’éternité existe ? » dit la maman de Jeanne-Louise.
« Oui, maman, je m’attache à ta ceinture et j’arrive », se dit Jeanne-Louise qui comprend que l’éternité c’est pour maintenant et que c’est important pour qu’elle accroisse toutes ses valeurs cotées sur la bourse de Valparaiso, en plein Mogadiscio, en plein mois d’août, alors qu’il fait chaud et que la tambouille coule à flots dans les jardins de la maison de Cocagne. Où est le mat que l’on s’y pende une bonne fois pour toute ?
N’est-ce pas Jeannie ?
N’est-ce pas Jean-Nadine ?
N’est-ce pas Jeanne-Paule ?
Faudra-t-il toujours se méfier des assassins qui vont par les routes régler le sort de leurs prochains ?
« Je ne crois pas en l’être humain », disait au mois d’août Jeanne-Paule qui s’est pendue au mat de misaine qui gîtait trop fort dans la houle, alors que la marée ne cessait de monter par-dessus bords.
Où sont les eaux de tristesse ?
Sont-elles passées par-dessus les bords de la Garonne où je sais que tu m’attends, Marie-Jeanne, depuis le temps que je t’entends dans le creux de mes souvenirs amoureux avec Joe l’Indien de Siddhartha.
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Je t’attends mon amant Jean retenu par les presses de l’impression instantanée et ambigüe. Oui Jean, je sais que tu es amoureux de ta Lise et pas de ton chaperon. Ton enfant, c’est ta Lisoute, la petite Lizzie du mois d’août qui défie le temps en ces temps nuageux et sombres, gris et tant redoutés. Des jours de glace, de pluies et de fièvres amoureuses pour Eric Le Romaric, romanichel et vaurien. Eric va bien, il attend sa douce pas son vaurien. Il a pris le large avec une petite mousse du nom de Sally Mara, une drôle de frimousse qui trouve qu’ici-bas, la vie est trop chère et précieuse pour s’abandonner dans les bras d’une vampire qui a du ventre et de l’aspirine plein le nez. Mais Eric est puissant, il est tracassé par sa petite Jeanne-Louise qui est partie bille en tête faire du shopping pour les obsèques de sa maman. Elle s’en est allée faire quelques achats utiles qui dureront dans le temps, même si ça coûte une blinde d’imprimer une photo sur sa propre imprimante. Mais au moins, le rendu sera bon. Qu’en dis-tu Jean-Eric, toi qui vient souvent vérifier que Jeanne-Elise est bien une excentrique qui a du pèze et qui pèse dans les puissances de sa maman, la mère Marie-Louise qui a plein d’oseille à mettre dans son saumon et ses tagliatelles, un peu de fromage blanc pour la souplesse du poisson, d’aneth du jardin, de citron bio, un tour de poivre du moulin, un brin de curcuma et voilà un bon plat pour des obsèques et pour inviter l’amie Chrys à venir déjeuner avec elle.
Jeanne-Louise a plein d’amis mais pas d’assiettes creuses pour les nids de tagliatelles et les spaghettis. Il lui manquait justement une assiette creuse bleue pour inviter son amie à venir manger avec elle dans un beau plat pour le saumon à l’oseille. Elle, elle aura son assiette verte ou son assiette crème et rouge avec une petite cocotte au fond. Elle ne s’est pas encore décidée.
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Elle a choisi de ne pas pleurer mais de sourire coûte que coûte, non par politesse du désespoir, mais pour sourire à l’espoir que sa maman est entre de bonnes mains au firmament, avec son grand-père Jean-Kleber et son frère Jean-Pierre, même si elle ne mérite pas la sale carte qu’a envoyée Jeanne-Christiane, sa sœur détestable et creuse qui lit Détective et se prend pour un maçon, un franc-maçon alors qu’elle n’a rien d’officiel depuis le mois d’août. On la voit passer comme ça comme une âme en peine en recherche de notoriété mais Jeanne-Christiane est out, comme Jeanne-Jocelyne et Jeanne-Emmanuelle à qui Jeanne-Elise a définitivement tourné le dos. Donc, pas de Jeanne-Lucie, pas de Jeanne-Sylvie, pas de Jean-Stéphane ni de Jean-Pierre. De l’autre côté de l’échiquier de sa famille, c’est le même topo. A quoi bon rester avec les winners quand on sait depuis le mois d’août que Jeanne-Claudine se meurt ?
Elle est morte pour sa fille, pour que celle-ci vive et se réalise enfin. Dangereux sacrifice. C’est quitte ou double. Pour l’instant, Jeanne-Elise s’en sort bien car elle est discrètement épaulée et soutenue par tout un tas d’inconnus, et ça fait chaud au cœur de voir que l’on fait aussi attention à elle sans avoir l’air d’y toucher. Il faut être fort pour se laisser imaginer que sa mère s’est suicidée par ordinateurs interposés. Elle a mis fin à ses jours en poussant le bouchon beaucoup trop loin, en étant volontairement insupportable pour que sa fille ne puisse plus la supporter sans exploser. Mais sa fille l’aime, que veux-tu. C’est sa mère, après tout et toutes deux ne pourront jamais se séparer, ça passera par les esprits désormais, Jeanne-Elise invente une suite sans fin grâce à ses rêves louches et à ses ambitions d’écrivaine. Elle aura des histoires à raconter jusqu’à la nuit des temps par blogs interposés avec le rouquin de son fort, c’est un sacré rouquin et il s’appelle Jean-Pire de jour en jour et je ne suis pas loin de la vérité tant ce Malouin est obséquieux comme un rebouteux. Jeanne-Louise n’est pas maline. Elle se laisse emporter par sa prose et le mix qu’elle a mis sur Youtube, elle écoute la voix d’Arthur H. la guider. Elle progresse tendrement et sûrement.
Maintenant que tu connais tous ses secrets, que Jeanne-Elise est une spirite qui a du style comme Caroline Marbouty, une amie d’Honoré de Balzac, le chéri de papa et de Jeanne-Elise aussi. Elle aime les sœurs Brontë et Jane Austen, les romancières anglaises, françaises et américaines, africaines et israéliennes. Elle n’en connaît pas d’asiatiques, peut-être une japonaise ou deux mais pas plus.
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Jeanne-Elise n’est pas pieuse, elle s’en fiche des religions, ce qu’elle veut, c’est du pognon pour pouvoir vivre de sa passion, celle d’écrire sans compromissions avec beaucoup de cœur à l’ouvrage et de pulsations, ce qui manquait à sa mère qui, à la fin, n’avait plus que vingt pour cent de son cœur qui fonctionnait.
« Voilà ma toute belle, tu t’es trompée tout à l’heure, tu aurais dû dire aux vermicelles, le saumon, et non avec des tagliatelles »…
« Ah ça nope, pas de vermicelle avant d’aller au lit mais des pâtes aux langues d’oiseaux pour pouvoir les fumer avec du hareng ou de la morue.
Que dis-tu, Jean-Patrick, pour ces baisers au hareng fumé avec du citron, de la ciboulette, des pommes de terre et beaucoup d’échalottes dans l’huile et le vinaigre ? »
« Mais je n’en sais rien, ça ne sent pas bon le pain, ça sent la frite et les pommes à l’huile, c’est tout ce que je sais en matière de gastronomie », se dit Jean-Patrick qui est avec Jeanne de Montretout et qui boit trop de gin et de raviolis à même la boîte.
Voilà pour l’ambiance. Maintenant, Jeanne-Laurence est sur la table en train de virer sa cutie, elle préfère Jeanne-Elise sa cousine à Jean-Alain Duhamel. On ne va pas aller bien loin avec tout ça ; ça sent le sexe fort et la jalousie, les petits patelins et le patriarcat avec des matriarches qui préfèrent le vin à la tambouille au thé. Ces matriarches-là préfèrent leurs fils qui sont pédés à leurs filles qui sont tentatrices et tentées par les grosses illusions de l’homme dans son pantalon alors qu’il serait beaucoup mieux en jean, Jean-Eric Lemesle.
Jean-Alain Duhamel n’est pas beau en jean, il préfère le velours et les beaux tissus comme une belle fille.
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Et maintenant, place aux voyages loin des matriarches mais avec les baladins. Ceux qui viennent raconter des histoires aux enfants qui ne comprennent rien à leur vie mais qui sont courageux et qui veulent aller mieux. Leur laissera-t-on le temps de s’épanouir ? Où en sont les aventures de John John Kennedy qui est parti se faire la belle avec Caroline et sa maman ?
Je ne sais pas pourquoi je dis ça, se dit Jeanne-Caroline, il est peut-être temps de s’embrasser pour dire que c’est la fin. Mais Jeanne-Elise n’a pas envie de quitter la main de sa maman, de son beau-père et de son beau-frère.
Que devient Jean-Eric dans tout ça ?
Il est parti faire un tout petit voyage autour de son cœur pour lui dire que tout à l’heure, il viendra la voir avec tout un attirail de visons qui viendront lui pourrir son grenier à sensations fortes…. ! ! ! !

« Je t’attends mon garnement », lui répond Jeanne la forte qui n’a pas tout compris aux visons mais il y a des fouines qui toquent à la porte de sa maison. Pourquoi le lui dire alors qu’il n’y a pas le son ? Pour l’inquiéter ? « Jean-Max m’effraie comme une chouette que l’on a pendue au grenier. » Et maintenant, qu’est-ce qui attend Jeanne-Elise ? Une hypocrite à sensations ou une Jeanne-Louise qui veut l’exaucer envers et contre tout, malgré les rats d’égout et les ragots de la presse à sensation ?…
Mais que va devenir Jeanne-Louise ? Que va devenir son chien, celui qu’elle n’a plus depuis six ans ? Elle va sans doute vous surprendre mais ce qui l’attend maintenant, Jeanne-Elise, c’est un bon cancer du sein et une chimiothérapie pour ne plus avoir de poitrine ni de cheveux. C’est ce qui manquait à son avenir. Et rien que d’y penser, Jeanne-Elise est déjà fatiguée et n’a pas envie de se battre, même avec la littérature comme carburant.
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Jeanne-Elise est soucieuse et ça se voit rien qu’à sa tête.
Elle a mal à sa poitrine et ça dure depuis un sacré bout de temps.
Voilà pour l’ambiance et les mois à venir. Il faudra certainement une mammographie avant d’expliquer tout ceci au public, pourquoi elle n’aime pas les champions toutes catégories mais les partis d’en rire et d’en finir avec la folie de certains.
Voilà pourquoi Jeanne-Elise est fatiguée, désabusée et totalement désillusionnée.
Sa seule passion, c’est écrire, écrire, écrire, écrire. Et puis écrire et ne pas beaucoup lire, à part les vidéos de sa maman qui s’appelle comme son papa, Jean-Edouard d’Outretombe, comme les mémoires de Chateaubriand. « Tu iras bien à son enterrement », se dit Jeanne-Elise qui veut que tout le monde porte du deuil avec du gris et du vert d’eau, du glauque comme à Venise où elle n’est jamais allée mais elle veut bien avec Jean-Eric ou Jean-Charles qu’elle ne connaît pas personnellement mais dont elle entend souvent parler.
Ah la la, mais quel name dropping avec tous ces gens, ces Jeanne et ces Jean qui n’ont rien à faire là puisqu’ils s’appellent tous Castagne, Jeanne et Jean de la Castagne qui vont chercher des châtaignes pour en faire des marrons glacés et de la purée de marrons. C’est très bon avec une bonne volaille au jambon.
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Il n’en faut pas plus pour faire marrer certains. Mais Jeanne-Elise a la frousse de ne pas tenir sur la longueur avec ce cancer qui lui effiloche la poitrine et une partie de son cœur. Que deviendra sa belle Oona, son beau patrimoine d’écritures diverses et variées et son anxiété à remettre les pendules à l’heure ?

Jeanne a besoin de temps pour bâtir toute son œuvre, ses désirs enfouis et ses envies de passer à la postérité une fois que la mort sera passée. Après, on en discutera entre spirites. Pour l’instant, Jeanne a besoin d’une bonne petite rente pour pouvoir mettre son dessein à exécution. Et les dividendes de son romarin sentent bon même si elle sait qu’il y a du Jean-Tuetout et du Jean-Gredin à faire marner.
Jeanne est écrivain et c’est tout ce qui est à retenir.
Elle ne se regarde pas dans une glace, elle sait qu’elle a de qui tenir. Maintenant, à elle la frime et la gloire posthumes ! ! ! ! . . . .
Voilà pour Oona qui se languit de toi…

« Je t’aime ma petite chérie et je t’embrasse 😘 »

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