De Jeanne à Jean

.

Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Ne rien rendre à la communauté

Jeanne-Elise n’a aucun compte à rendre à personne. Et donc plus à sa mère ni guère plus à son père. Elle n’a pas envie de se retrouver dans une quelconque communauté qui fonctionne comme une secte, avec ses lieux communs patoisants et ses déchiffrages d’un autre type, d’une autre ligne et d’une autre trempe. Jeanne-Elise sait qu’elle écrit trop bien pour rentrer dans aucune catégorie. Oh ça, elle ne le sait que trop bien. Elle ne sera jamais éditée car hors catégorie et ne veut montrer ses manuscrits qu’à une certaine catégorie de personnes, et pas aux tout venants qui montrent ce qu’ils savent faire en sortant hors catégorie de leurs affaires à faire avec le bon dieu lui-même. Bon là encore, c’est hors catégorie ce que Jeanne-Elise propose.
Elle est maudite par le temps et par ce chien de Jean-François Lebonwhisky qui ne veut l’intégrer dans aucune catégorie à part dans les catégories des très drôles et truculentes filles qui sentent bon le pinard. Mais Jeanne-Elise-Epinard, comme on l’a appelée à l’école en classe de CE1 alors qu’elle jouait une boîte d’épinards dans un remake d’Olive et Popeye très à l’ancienne, ne boit ni vin, ni whisky, ni pastaga, ne boit que du thé et elle n’a pas à se justifier. Ce bonhomme-là veut faire la faire passer pour la gogole de service mais ce n’est pas la peine d’user de ce stratagème. C’est elle qui paie les pots cassés des années de services en dehors des clous de son passé. C’est lui qui a tout imaginé avec forces et peines, sans rien demander à quiconque alors que Jeanne-Elise se démène pour montrer à tout le monde qu’elle a de la force et de l’à-propos. Mais il la croit moribonde et totalement abandonnée. Elle ne l’est pas assez apparemment. Alors il va s’arranger pour faire le vide autour d’elle et continuer à se jouer d’elle, à tirer les ficelles pour la faire passer pour une petite marionnette sans sens de l’à propos et sans aménité. Mais lui se fait piéger à son propre sort. C’est que Jeanne-Elise a du ressort et rebondit à chaque fois qu’on lui montre qu’elle a grandi dans un capharnaüm nauséabond, dans un marigot comme l’appelait si bien sa mère et dans le marigot elle est encore bien qu’elle essaie de s’en extraire. Jean-François Lebonwhisky et sa communauté de méchants ex-libristes lui donnent du fil à retordre et elle ne les suit plus de toute façon. Ca ne sert à rien de s’accrocher, elle est trop prise par les événements et par la mort de sa maman qui vit toujours en elle quoiqu’il advienne. Ce qu’elle veut, elle, c’est de voir si au ciel il y a encore de la place pour de l’écriture sur les morts.
Elle n’a pas rendu son âme et va donc parler des vivants qui pourraient lui envoyer des flammes par l’intermédiaire de leur aéropage. C’est ça qui est dommage. Qui déniera qu’un verdier est bien loin d’un phénix qui n’utilise plus que des Jeanne-Elise versatiles ?
Oui, Jeanne-Elise est versatile quand on ose la faire chier à changer les programmes des uns et des autres. Et les Jeanne-Elisabeth Machurez ne sont pas pour rien dans ces changements de programmes avec des bêtises à couper le souffle pour le quidam. Jeanne-Elisabeth Machurez a très bien compris qu’elle était sensuelle comme une porte de prison alors elle fait celle qui renverse la table à coups de ceinturons alors que c’est Jeanne-Cathy Cervantez qui lui dit d’aller se taire et de faire un tour dans les chiottes pour voir s’il y a un tour plus grand du côté du trou de la souris où il y a l’araignée qui vient la voir et qui lui sourit quand elle fait pipi.
Son amie l’araignée qui vit dans ses water closets s’appelle Gipsie Rose et elle aime la débine quand elle la voit si belle dans cette position, à demi-vautrée dans son impression d’éternelle débutante. Mais elle file comme une araignée aime les fils d’une orientation banale sans imprudence quelconque. Gipsie aime les filles maudites qui cassent les fils de la déraison. Et Jeanne-Elise aime bien Gipsie qui ressemble au chien des ex-voisins et qui hurlait contre les filles qui avaient mauvaise réputation mais qui ne travaillaient pas comme des bonnes sœurs mais comme des filles à qui tout rendrait heureux sauf la miséricorde des messieurs qui lui inoculent la pauvreté et la méchanceté comme François Lebonwhisky qui est mort tout seul dans son lit cette nuit à ne pas faire sa nuit correctement.

Gipsy Rose est l’idéal féminin qui crochète et tire les fils de cette composition burlesque et ubuesque…

Bref, Jean-François Lebon est mort et Jeanne-Elise n’a plus personne à qui botter le cul. Elle ne le fera plus à ses frères. Elle se coupe d’eux. Elle est seule au monde, entièrement inconnue alors qu’elle rêve d’être éditée mais pas avec cette coupe rosée que sa mère lui a dit de porter alors qu’il fait si bon du côté des opercules que l’on inocule dans les lits des champions. Et les champions, ce sont ceux qui se font du souci pour des Jeanne-Elise et pas pour son chat. Alors que son chat mérite toute son attention. Et voilà. Tout ceci ne sent pas bon. Si Jean-François Lebonwhiskly est assis dans son lit, il meurt d’apoplexie en lisant ces inepties. Elle ne se rend pas compte la petite, ce n’est pas beau d’annoncer la mort des Jean alors qu’ils sont encore vivants…
Mais Jeanne-Elise n’a qu’un but, c’est atteindre Jean-Eric par ses atouts : le rire et les envies d’en finir avec la morosité d’un passé à effacer, mais pas tout à fait. Car chaque chose du passé est un composée d’un tout, d’une grande vie et d’une grande envie d’en faire une superbe épopée avec des Jean-Niquetout qui s’expriment : « on va finir en dictature si ça continue! »
Eh bien ça y est, en dictature on y est, quoiqu’on en dise et ça semble plaire à certains de plaire à d’autres qui ne disent rien mais qui n’en pensent pas moins.
Quant à Jeanne-Elise, elle va retirer tout ceci de son site principal. Elle a oublié d’enlever des noms et des prénoms, des envies de meurtres de ses amis les francs-maçons qui rigolent que Jean-Gredin s’appelle au moins Decoutelas et non Decouty qui aurait viré sa cutie avec son grand parrain, Jean-Marie Cinémarron. Et tout ceci est un marronnier. Un macaron au citron et au gingembre.
Bon, maintenant il faut faire sécher les plantes au maximum pour garder leurs qualités nutritives.
Bon, Jeanne-Elise doit rentrer. Ce n’est pas ce soir qu’elle laissera des messages à Jean-Pascal ou Jean-Benoît, ni même à Jean-Baptiste ou Jean-Nicolas qui se faisait appeler aussi Laraie.
Jean-Nicolas Larais en avait plein les fesses de se faire accuser de ne rien faire. Et c’est vrai qu’il ne faisait rien d’autre que composer son numéro de téléphone sur son ordinateur pour appeler sa mère et sa sœur. Et maintenant, il est parti voir ailleurs si Jeanne-Elise y était. Mais Jeanne-Elise est restée là, à côté d’elle, de celle qu’elle appelait sa mère alors que c’était sa belle-mère et sa belle-sœur qui s’appelait Christine Delacroix et pas Jeanne-Claudine Suffit veuve Decouty.
Bon, ça suffit maintenant, on réitère ça et ça se finit dans un endroit peu fréquentable, à l’ombre des platanes et non des tilleuls. Jeanne-Elise n’aime pas les platanes, ça ressemble trop aux cours d’écoles et Jeanne-Elise n’a jamais aimé l’école à part en CE1 où elle apprenait ses leçons selon la méthode Freinet, avec des polycopies et des leçons de choses. On rendra donc hommage à Jean-Marc Bozon qui a fait le plus gros des leçons, le reste, c’est sa mère qui se débrouillait très bien à faire des entourloupettes avec des actrices pas très chouettes à jouer la compét’ avec leurs rejetons. Et on verra bientôt si on ne sera pas mieux demain à apporter du pain au boulanger pour qu’il en prenne de la graine avec de la farine complète. Et de l’huile d’olive. Et du cumin à la place du sel. Et du bicarbonate de soude à la place du levain… Et c’est exquis comme c’est !


En savoir plus sur De Jeanne à Jean

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur De Jeanne à Jean

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture