
Mais que fait Jean qui n’a rien dit depuis si longtemps ?
Doit-on s’en remettre tout le temps à un homme pour exprimer ce que l’on veut ? Jeanne n’a plus besoin de personne pour exprimer le fond de sa pensée, qu’elle soit courte ou longue, neuve ou ancienne.
Les idées neuves de Jeanne-Elise n’iront pas loin.
Elles sont dirigées par le court-termisme de demoiselles en feu.
Pour les demoiselles en fer et en têtes de proue, il y a des cheveux à se faire, ébouriffés, bouclés et totalement indisciplinés par le vent.
C’est ce que veut Jeanne-Elise pour toutes celles et tous ceux qui aiment discuter avec âpreté mais avidité, jusqu’au bout de leurs convictions.
Jeanne-Elise ne veut pas mourir pour ses idées, elle préfère les cacher aux yeux du monde qui lui en veut d’être trop sincère dès qu’elle s’approche de trop près de la vérité.
Mais mon vieux Jean, que veux-tu, tu n’es pas de ceux qui apprivoisent le temps, tu es de ceux qui ont du mal avec le baromètre, le thermomètre et la montre qui s’affole tant tu as vu le temps passer du bout de ta lorgnette à me regarder, Jean-Olivier, et Jean-Eric qui acquiesce en se disant que cette donzelle n’est décidément qu’un passe-temps comme un autre, que l’on cache dès que l’on a dépassé l’hystérie et dès que l’hystérie est rattrapée, Jeanne-Elise s’installe au seuil de l’amour avec elle-même et avec ceux que l’on blasphème à tout bout d’champ pour mieux hystériser un débat qui se veut public mais qui n’est que le brouhaha d’une affliction.
Ce qu’elle a fait ce soir sur X/Twitter, Jeanne-Elise n’y retournera que pour mettre son grain de sel dans les navigations des factotums de la grande route qui ne sont que déroutes et compagnies de merdes dans le débat qui n’est pas essentiel à sa vie.
Ce qu’elle préfère, Jeanne-Elise, c’est l’amour avec Jean-Sébastien, Jean-Métronome et Jean-fou-à-lier qui n’est autre que son frère Jacques, son bon Jacques Higelin et son fils Arthur et leur muse et artiste Brigitte Fontaine.
C’est sa fratrie à elle, sa grande famille d’artistes qui la possède depuis son berceau et qui la surveille depuis tant et tant d’années qu’il n’y a pas besoin de parler pour se comprendre.
Tout se fait par les yeux et les hochements de tête, ma foi, c’est comme ça petite Izia, tu n’as jamais rien compris à cela mais maintenant que c’est moi qui ai un lendemain à se faire du pognon avec sa déroute, alors dis-toi bien que j’étais là avant toi, petite, et que je t’aime aussi comme une petite fille qu’on a trop aimée et pas assez surveillée…
Tout le contraire de moi, ma fillotte.
Je suis Bergotte, l’écrivain en route pour son chemin de verdure et de compromis avec Jean, pardi !
Jean, dis, tu m’accompagnes dans le cercle de la vie ?

Est-ce cela le cercle de la vie que tu m’envies un peu ?
Et comme tu le vois si bien sur la photo du cerisier de Jeanne-Elise, tu vois bien que l’arbre n’est qu’un réseau de communications en tous genres, avec l’arbre lui-même, d’abord, par ses attributs racinaires, puis avec ce qui l’entoure. La plume du faisan, du pigeon, de la tourterelle ou de la mésange. Quant au pic-vert, il vient y gratter quelques vers qui communiquent avec mon arbre en lui mangeant le noyau. Mais il ne se laisse pas faire puisqu’il a des noyaux de cerise au bout de ses antennes avec les cerises que j’ai laissées pourrir dans l’arbre pour qu’il aille mieux dévorer les yeux des voisins qui le voient tout bleu alors qu’il est rouge sang, vert cinglant et gris perle de souris. So sexy ! ! !
Il m’aime cet arbre, il me l’a dit cent fois, à moi Jeanne-Elise qui vais le voir de temps en temps, mais pas très souvent.
Nos regards se suffisent pour nous estimer.
J’aime ses couleurs mordorées à l’automne et son vert tendre au printemps, ses fleurs blanches qui l’envahissent dès qu’arrive Pâques. Et cette année, Pâques viendra le 20 avril. Je serai là pour l’accueillir, évidemment, cette offrande que tu me fais à chaque printemps, à chaque pas qui passe, à chaque passage de ton firmament et de ma retenue à ne pas laisser passer ces instants ténus que j’aime tant et tant.
Tu sais, mon géant, je t’aime plus que jamais maintenant que je vais te quitter.
C’est promis juré tu ne seras pas du passé mais un présent à venir, un avenir que j’emporterai avec moi, dans un instant, dès que tu auras le dos tourné.
Je prendrai un de tes rejets. Après tout, tu es auto fertile et tu n’as pas besoin de moi pour pousser et enjamber les prés, les champs et tout ce qu’il y a autour.
Les merles te font passer d’une rive à l’autre, d’un jardin à un autre.
Je sais, j’ai vu ce merle noir et moqueur prendre dans son bec une de tes cerises si rouge qu’il a recrachée dès que j’ai eu le dos tourné.
Tu sais, géant, tu es ma fille, mon amant, mon enfant et tout ce qui me reste de Jean-Paul qui est parti courir ailleurs, dans un autre espace-temps et Jean-Paul, à présent, c’est celui qui me cherche dans les méandres du temps.
Je ne veux pas des misères et de tout ce qui fait ma vie.
J’ai besoin de stabilité, de contentement de soi à défaut d’amour de soi.
Je t’aime ma vie tant que tu me souris depuis que j’ai vu Elie faire un sourire à ma vie d’avant.
C’est une très belle chanson à sa fille. Jean-Paul ne l’a pas écrite. Il a pensé qu’elle irait au ciel avec lui dès qu’elle aurait le dos tourné. Mais voilà, elle résiste, elle fait tout pour qu’on la comprenne, pour qu’on lui dise « je t’aime mon absolu ». Mais elle ne s’est pas vue. Elle n’a fait que résister et fatiguer son entourage qui est parti faire la fête auprès du bon dieu.
Maintenant qu’elle est sur la route, sur le chemin de l’approvisionnement, il faut qu’elle fasse attention à ces cœurs en déroute qui veulent lui arracher le sien.
Elle n’a pas compris que le sien, de cœur, était fatigué depuis ce matin et qu’elle ferait mieux de s’alarmer sur ces palpitations qui la prennent dès qu’elle se met à penser à Jean-Olivier, à Jean-Eric et à l’Abyssinie qui l’attendent au mois d’août.
Elle a tant de mâles à ses côtés, des petits mâles, des coqs, des coquelets et des coqs cayens. Voilà pour ce qui est de la basse-cour en bleu.
Après, il y a des poules, naines ou en herbe, élevées au sol, rousses, bleues de France et totalement grises. Il y a celles qui ont des cheveux que l’on voit bien, et c’est tant mieux.
Les foulards et les chapeaux, les bérets et autres assortiments ne servent qu’à se tenir au chaud dès qu’il pleut, dès qu’il fait froid.
Alors tu vois mon vieux, moi les bonnes sœurs et les prêtes en soutane me font frémir, que l’on soit catholique ou musulman, juif ou anglican.
Je suis avant tout laïque, laïcarde et revancharde.
Je ne crois en rien d’autre qu’un avenir lorsque l’on s’aimera les uns les autres.
Belle utopie, je n’y crois pas mais je suis bercée par celui qui m’a vue naître et renaître à chaque fois qu’il apparaissait derrière l’écran.
J’ai pleuré quand il est mort, comme jamais je n’ai pleuré quelqu’un, à part ma mère il y a quelques jours, avant qu’elle ne nous quitte définitivement.
Lui, je l’aime à mourir, mon frère Jacques, et ma mère, Claudine, toujours à côté de la plaque, qui touche en plein cœur tous ceux qui se sont amusés à amadouer sa fille et qui à présent se donne en plein cœur aux puissants et aux effarouchés.
Tu sais, Roger, je t’aime, et Marie Rivière, c’était mon arrière-grand-mère qui vivait comme une manouche, avec de la rapine pour déplaire à m’sieur l’baron qui la reconnaissait comme une moins que rien, tout juste bonne à tout faire avec les Dorange et les puissants d’un patelin qui s’appelait Loulappe, quelque part en Eure-et-Loir.
Et Loulappe, c’est chez moi, mon vieux, avec ses champs et ses bois.
Dois-je évoquer Saint-Denis-des-Puits et ses toujours puissants qui passent dans les journaux sous prétexte qu’on a un nom à particule et que ça fait bien quand on n’a pas une idée à exposer ? Alors, on fait comme si… Et les Fontaine, les Tassot, ça te dit quelque chose, la marquise ? Non, c’est trop loin et tu as trop d’soucis. César, Césarine et Marie Sagot de la Vieilletannée. On ne dit pas Fontaine, je ne boirai plus de ton eau. On dit : eau de source, tu es mienne.
Tu es ma vie et mon berceau et je t’aime comme tu es, ma vieille peau.
Je l’ai depuis tellement d’années que je suis bien obligée de faire comme si je m’appartenais.
Mais s’appartient-on un jour quand on n’a pas encore tout vu ?
Les sorcières, qu’en fait-on de nos jours ?
Sont-elles parties dans un four à gaz ?
De nos jours, elles cuisinent à l’électrique, c’est toujours mieux qu’un vieux piano à gaz avec lequel on ne peut rien faire, même pas maîtriser les cuissons.
Alors qu’une petite cuisinière, toute petite, toute rustique, avec ses plaques incandescentes dès que le temps le permet, on veut y croire pour l’éternité.
Saleté de saltimbanque, voilà qu’elle fait la pub pour l’électricité qui est une belle invention qu’il ne faut pas polluer mais juste maîtriser avec les bons outils et pas les usines à charbon ou à gaz. Nous, ce que l’on veut, c’est de l’hydrogène à incandescence ? ? ?
Tu crois encore à ça, toi, la vieille peau ?
Je malaxe les incandescences et je retrouve une part de toi, papa, avec ton chalumeau qui perçait des trous dans le cuivre que tu tordais avec un peu de chaux vive.
Je suis ici, désormais, à malaxer tout ce qui fait doute en toi et en moi, Jean-Philippe, pour que tu ne te trouves pas sur ma route, ni dans mon lit, je n’y crois pas et je ne veux pas de toi.
Je veux d’un tas de sortilèges qui me fassent sortir de ma déroute, de mon empreinte carbone.
Je malaxe les antennes de la télé avec mon internet, mon wifi et ma 4G.
Bientôt la 5G ?
Non, nous n’irons pas jusque-là, c’est bon pour les froussards qui ont peur de manquer leurs matchs avec leurs baballes. N’est-ce pas Jean-Philippe Trafalgar ?
Tu as mal aux foies maintenant que tu as vu ta peau dans le journal de l’après-guerre et qu’elle était trouée par tant d’acné ?
Bon, Jean-Philippe Biguine, tu n’as pas dit que tout le toutim c’était pour voir ton fils dans les journaux qui le remercieront d’être venu aussi tôt dans le régime de la schizophrénie et qui fait part de ses ennuis de matelas avec les infirmières du CMP tout en rigolant. Je le sais, je les ai vus rigoler tout le temps…
Comme si j’attendais qu’il pleuve dans la salle d’attente de Nantes avec papa chocolat et maman gâteau.
Des quatre-quarts au chocolat et des marbrés pour faire la nique à la Pelletier qui n’avait pas d’imagination avec son fils, Jean-Philippe Poltron qui jouait de l’orgue Bontempi avec pépère Gégé l’oiseau.
Bon, maintenant que tu as dit tout ça.
Que vas-tu faire dans la salle d’attente de la gare de Nantes ?
Rejoindre Julien Gracq ou Eric Chevillard ?
A moins que ce ne soit Jean-Nicolas Surzur ou Jeanne-Françoise Pornic.
Jamais tu n’as vu Nantes et pourtant, les canaris et les anguilles, ça te dit bien. Enfin pas trop l’anguille c’est trop gras mais les civelles, pourquoi pas, mais point trop n’en faut.
Maintenant que Jean a tout compris, que je m’implique comme avant et que j’ai surtout un peu de temps et même beaucoup de temps à consacrer à ma destinée et à celle d’Oona le cas échéant.
Je m’en remets à toi pour faire tourner l’argent que tu n’as pas mais que je désirerai gagner avec ta bénédiction, dans l’immonde maison d’édition où tu fais tes forfaitures.
Un monde d’édition sans concession qui ne demande pas d’argent mais que l’on ne soutient pas trop.
Alors aboule le fric le patron de la maison d’édition qui veut toujours à tout prix que j’existe en dehors des sentiers battus.
Mais je prends la grande route et pas la micheline comme la maman à Jacqueline.
Un tour en TER ou en TGV jusqu’à Bordeaux ou ailleurs, qui sait le mieux ce que je vaux maintenant ?
Mon Patreon qui n’est pas à jour ?
Pourtant, tu y as toutes mes forfaitures, il y manque un nom ou deux et mon avenir sera à toi, Jean-Pierre Legrandsachemdemadéroute.
Bon, voilà pour la grand-route ou le chemin de fer où je dois croiser le fer avec toi, maman, qui n’a pas d’ayant-droits mais des marsouins qui s’amusent à manger tout l’pains.
Je ne peux pas me défaire de mes papas et de mes ambitions qui sont toutes sorties de mon imagination. Je me retire. je vais continuer à écrire toute ma vie, comme ça, sans rétribution mais avec beaucoup de contributions.
J’attends que la bise revienne pour qu’elle soit chaude comme un coup de sirocco ou de six roses à définir dans mon passeport tout bleu plein d’émissions de gaze et de lanternes à huile qui font que je suis soumise à ton départ, mon vieux, mon piston, et je m’en remets à ton édition, comme ça, je suis soumise à tes forfaitures de ne pas m’avoir prise dabs ton jeu mais de m’avoir mise au centre de tout un tas de garnements.
J’ai beaucoup pleuré et je ne peux m’empêcher de voir ces larmes au bout de mes fenêtres, de mes lunettes et de ces mains qui ne lâchent rien, pas même le chagrin que tu m’as coûté lorsque tu m’as quittée un matin de juin, en 1975 ou 1976.
Je sais, j’ai été abandonnée au profit de la légèreté et de la toute puissance de l’argent pour la taxinomie de l’espèce humaine.
Je suis celle qui ne comprend rien mais que l’on attend au tournant, juste pour le firmament, pour dire qu’il n’y a rien et tant de raisons d’y être.
Je le sais pour la mère, elle me parle encore par ton intermédiaire, mon enfant, et parfois se tait car je ne vaux rien.
Qu’est-ce que tu crois, l’enfant de ma mère, que je suis celle qui porte en elle tous les jugements, tous les blasphèmes et toutes les inquiétudes d’un passé qui me veut du bien ? du mal ? du transcendantal ?
Je ne suis rien, et je ne vaux rien.
Allez, je me jette !

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