
Jean est parti prendre l’air.
Est-ce parce qu’il a mieux à faire ?
Certes, il a mieux à faire mais ses parties de jambes en l’air semblent lui plaire avec un anneau dans la bouche.
Il faudrait qu’elle se couche et qu’elle lui dise : vas-y, touche-moi la bouche, accorde-toi avec mes reins, mon énorme ventre et mes seins qui sont plus gros que les tiens.
Tu vois, je n’ai plus de jambes.
Elles ont raccourci sous le poids de mes soucis.
Je ne sens plus mes jambes.
Je m’élève dans les airs et je suis avec toi Jean-Léandre à imaginer que tu es mieux sans cette souffrance.
Jeanne-Elise s’aime maintenant et elle ne laissera jamais d’autres souffrances l’atteindre, sauf d’avoir perdu sa mère ce matin et d’avoir gagné la confiance de Jean-Léandre qui se faisait du souci pour ses lendemains.
Mais visiblement, elle voulait se prendre en main et deviner ce qu’il y avait sous la peau des Jean-Eric-Antoine-Germain.
C’est comme ça qu’il s’appelle n’est-ce pas ?
Est-ce un raccourci, ou l’envie d’en finir et de connaître la suite ?
Celle qui va arriver sous forme de lettres ?
De livres dédicacés sans turbulette ?
Jeanne-Elise a revu tout son passé.
Il lui manque cet épisode à Carhaix où ses souvenirs les plus anciens remontent sur une colline à écouter Souchon ou Renaud, elle ne s’en souvient plus très bien.
Elle s’ennuyait ferme, continuait de rougir sous l’effet du soleil, une pression sur son bob et c’était parti.
Elle était de l’équipe, l’équipe des misanthropes qui ne s’aiment qu’eux-mêmes.
Et maintenant qu’elle est partie à aimer l’univers entier, que peut-elle bien faire avec une turbulette à l’ancienne ?
Il lui faut un paletot, une chemise dans le vent et un ancien amant qui deviendrait son séjour quotidien au pays des fées.
Il l’attend, il revient, il lui a dit qu’il l’aimait ce matin.
Elle le sent très bien au creux de ses reins, à la pointe de ses seins et au milieu, juste au milieu…, permettez-moi cette expression pour diminuer l’effet boomerang 🌈🌈🌈
Elle veut parler de son sein, de ses jambes et de ce qu’il y a entre les deux.
Un ventre, un mollet, un genou, une cuisse et une aile qui prend le mauvais temps quand elle se met sur le côté.
Maintenant…
Et maintenant ?
Elle se dit que le printemps va bientôt revenir, qu’il va falloir inventer un autre temps.
L’hiver est ce printemps qui dissémine l’avenir dans son manteau blanc.
Je suis là avec toi Jeanne-Elise, et je reviens avec mon blanc manteau pour te dire d’apprécier ton prochain et tes lendemains, et Eric qui n’a pas mangé de frites mais des lamantins au petit-déjeuner.
Quel goujat n’est-ce pas ?
Eric est là, face à toi, tu le savais déjà.
Tu le regardais par la fenêtre, derrière son château.
Il a dit aime-toi et remets les compteurs à zéro.
Eh oui, je m’aime se dit Jeanne-Elise et je comprends mieux que tout ceci aille mieux dans ma tête.
Sans l’amour de maman et aie confiance en toi, je n’en serai pas là, sois en certain.
Je lui dois une fière chandelle, j’espère qu’elle ne va pas la tenir entre nous deux.
Eric, prends sa main et emmène Elise sur ton marché de la poésie, celui qui est ouvert sur ton blog.
Fais-lui faire une partie de jambes en l’air, de la tachycardie et des boisseaux charmants.
C’est tout ce que je demande pour minuit.
On verra demain.
Ou après-demain.
Fais bien ce que veux, mon vieux, et ne t’apitoie pas sur toi-même, fais la fête en pensant à moi.
Moi aussi j’aime ça, m’apitoyer sur moi-même mais je ne peux m’empêcher de penser à toi sans connaître de lendemain.
Alors, lève-toi et prends le chemin de ma déroute.
Assèche ton cuisseau, mon gros, et viens me visiter dans quelques minutes, quelques secondes ou quelques parties de virées sociales et en l’air dans l’air qui assèche les larmes mais pas les femmes fatales.
Je ne suis pas fatale.
Je suis simplement une horrible manouche, une gitane maïs qui a du mal à bondir, une sainte-nitouche avec de gros seins qu’il faudrait refaire car ils tombent en arrière.
Bon, trêve d’autodénigrement, je suis fort aise de te plaire un peu.
Alors dis-moi mon vieux ce que ça fait d’être avec une presque pucelle qui ne fréquente que des vieux ?
Et toi, où en es-tu de ta jambalaya party ?
On me dit que tu as rencontré une Marie.
Elle est loin de Paris mais près de toi, mon chat.
Marie s’appelle Oona et elle te dit : mon vieux, tu vas la retenir et vous allez vivre vieux, centenaires, ou c’est moi qui monte en l’air pour t’apprendre à refaire des vers.
Allez, arrête tes verres et fais-moi la bise, puis deux, puis trois, puis prends mes mains, mes bras, entoure-moi de tes bras, embrasse mes cheveux et je suis à toi, mon vieux…
– J’ai besoin d’une ellipse.
Pas de baratin.
– Je sais depuis ce matin que j’allais te rencontrer ce soir.
Il y avait déjà Neil en embuscade, je crois.
– Et puis Marin.
Et puis une cascade de mots, des mots entrelacés qui n’ont fait que te rencontrer.
– Alors que me veux-tu depuis ce matin ?
Une hémorragie de mots ou une plainte à demi-mots ?
– Comme si je n’en n’avais pas assez avec mes frères…
Comment me débarrasser de ces deux patibulaires qui n’ont fait qu’amasser leur portefeuille et pas les gages qu’ils me devaient depuis une éternité.
Je suis en manque, c’est vrai, d’amour et de tendresse.
– Tout bêtement.
Alors je compense avec mon chat qui m’aime sincèrement.
– ça fait déjà quelqu’un.
Je sais, elle en redemande de tes câlins et je ne suis pas certain que je sois prêt pour tous tes baisers, mais sur le front, pourquoi pas, sur les tempes et dans le creux de l’oreille.
Dans le cou ?
– Oui, dans le cou comme ça.
Je t’aime et ça suffit.
– On ira pondre des œufs à Pâques dans l’île aux tortues, près du lac de Serpentin.
Près d’un lac qui t’aime et qui te sert de marais salants, de bois, de lieu où tu iras t’éteindre avec moi.
C’est comme ça que je le veux avec toi, mon vieux.
– Ne m’appelle pas comme ça, je suis plus vieux que toi certes mais je suis plus jeune dans ma tête. Je n’ai pas dépassé le quart de ton âge soudain, de ta mort subite dans tes latins et tes serpentins, tes ambitions d’écrivain.
C’est pour ça que je suis à ta poursuite. Je veux devenir écrivaine avec toi dans ma suite…
– On s’aime maintenant et encore plus souvent qu’avant.
C’est assez beau je trouve de s’aimer comme ça sans se toucher ici bas.
– Attendons que nos bouches se rencontrent, nos cheveux, nos doigts puis nos mains se rassemblent pour ne former plus qu’un. Viens dans mes bras.
Comment répondre à ça ?
– Je te suivrai après ça . . . . . . . .
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