
Jeanne-Elise est une sourcière et cherche des sources un peu partout sur la planète. Elle est vive comme le phénix et cherche sa source sur internet. Elle visite les maisons par médias interposés et se rend compte qu’il faut beaucoup d’argent pour changer de région. Car sa maison des sources, elle l’a trouvée dans un endroit charmant. Encore faut-il que l’argent s’y rapporte et qu’elle puisse avoir l’argent pour y faire son nid et réaliser des travaux. Elle sait déjà qu’il faut qu’elle fasse fi de Jean qui n’en n’est pas là pour l’instant.
Il est dans son lit à exister pour lui. On ne va pas le condamner pour ça. Jeanne, quant à elle, est prête à devenir sourcière dans une autre région, près de l’Italie, chez ceux qui l’animent comme une âme en peine alors qu’elle préfère Sète à Menton. Pardon Jean-Sébastien. Menton est la cité du citron et Jeanne aime beaucoup cela aussi. Bref, où va ta peine ? Pas ici, aujourd’hui.
Aujourd’hui est un jour de fête car Jeanne-Elise a écrit une lettre à Jeanne-Erika sur son blog, celui qui est aussi une source, celle de son imagination et pas sur son trampoline. Pour l’instant elle ne peut se confier qu’à sa copine. Personne n’est encore allé vérifier si elle avait une copine… ou un copain. Jeanne-Erika est une chic type, une brave maison de poésie, d’amour et de rétribution mal agencée mais ça va venir. Jeanne-Elise lui a dit de faire confiance à sa malice pour que tout s’arrange. Donc ça va. Du moment qu’il y a de la malice et de la magie, tout va s’arranger aussitôt. Merci Jeanne-Denise la malice, tu es une brave fille et tu vas tout droit vers ton prochain.
Bref, Jean-Éric n’est plus de mise, c’est Jeanne-Erika la nouvelle promise de Jeanne-Elise. Jeanne-Erika aime les bruyères et les fougères, les hellébores et les nigelles de Damas, les ancolies et les cœurs de Marie. Comme toi, maman. Et comme Jeanne-Elise qui voit tout ça de son jardin. Car elle avait tout ça dans son jardin auparavant. Jeanne-Elise ne veut pas vivre dans la tombe de sa mère. Tout ceci est une question de pécule et aussi de mise en scène.
La maison de la mère de Jeanne-Elise est un mausolée pour personnes douées de tristesse et d’une sagesse mal calculée.
Jeanne-Elise se contente de son présent. C’est déjà pas mal mais interdiction de se projeter, sinon, gare à son frère Jean-Vautourquituetoutsursonpassage. Bref, Pépin le Bref est passé sur son passage et il a dit : « virez moi tout ça ou je dis que Jeanne-Elise boit sans soif de temps en temps » alors que c’est Jeanne-Denise qui boit tout le temps sans une grande soif, mais toujours avec beaucoup d’appétit.
Bref. Tout ceci maintenant est incertain. La lettre à Jeanne-Erika qui n’est pas tombée dans l’oreille d’une sourde, la maison qu’il va falloir quitter avec le cerisier, les framboisiers et les rosiers et une carrière d’écrivain à commencer de bâtir sans peur et sans reproche à quiconque lui donnera la frousse de glisser sur son chemin. Elle n’en n’a pas le temps pour l’instant. Elle ne fait qu’écrire et ne veut que ça. Elle n’a même pas le temps de se relire. Elle fonce elle fonce comme un bélier qu’elle est. Elle réfléchira après et se contemplera après coup… ou pas. C’est selon l’humeur du moment.
Pour l’instant, rien n’échappe à Jeanne-Elise, ni sa matrice ni ses bonnes eaux, son moulin et ses farines qu’elle doit mettre dans son placard pour faire des pains, des brioches, des gâteaux et une bonne blanquette de la mer pour montrer tout ça à Jeanne-Erika qui s’en fiche pas mal de tout ça. Ce qu’elle veut, c’est son corps, ses cheveux, ses attitudes et son record du monde de « qui tape le mieux à la machine ». Oui, Jeanne-Erika est comme ça. Elle aussi aime les cheveux longs et les rides sur les sourcils, le front et les poches sous les yeux qui font des balloches pleines d’eau. Enfin pas plus qu’il n’en faut. Avec un bon massage ça partirait bientôt, croit-elle. Jeanne-Elise ne s’est pas vu vieillir à ce point-là. Elle se réveille avec des fêlures et des soumissions à dame Nature. Voilà où en est son âme, à ce point de la discussion avec Jeanne-Erika qui n’est pas là mais qui l’attend dans une autre chambre, cachée dans l’ombre, à deux pas de sa maison.
Jeanne-Elise est une sourcière, cherche un point de chute pour finir sa vie avec Jeanne-Erika, si celle-ci le veut bien, cela va de soi.
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