De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Jeanne-Elise est repartie faire un tour en arrière

Pas de tableau de fil ni de travaux d’aiguilles pour Jeanne-Elise qui a toujours détesté ça et qui a préféré laisser cela aux chats, aux mouettes qui volent et à l’internet dont la basse-cour est proche du degré zéro de la littérature. Bon, ma foi, mais que fait Jeanne-Elise sans travaux d’aiguilles ? Eh bien elle crée. Elle cuisine, elle jardine et elle fait des photographies. Elle noie la Seine sous des milliers de photographies avec ses a priori. En fait, elle sait qu’elle coule avec son smartphone qui laisse des empreintes d’elle partout sur l’internet subtile avec ses photographies que l’on peut géolocaliser, bien entendu. Sinon, ce ne serait pas drôle, évidemment. La phacochère est rigolote et se prend des serpents partout derrière les orties et les cigües qui lui laissent un goût amer dans la bouche. Et ce ne sont pas des couleuvres croyez-moi qu’il faut avaler, ce sont de véritables vipères à qui il faut dire de rester chez soi.
Aujourd’hui, Jeanne-Elise est en proie au mal du dedans mais elle a laissé Jean-Etienne lui dire qu’elle était aussi belle qu’à Rome il y a quelques temps. Il y a presque trente-quatre ans ma foi, quand ils s’étaient tous les deux pris dans les bras par médias interposés. Encore une fois, elle avait posé des micros partout sur sa veste et s’était laissée enguirlander par tout un tas de fans alors qu’il n’attendait qu’elle en continuant à créer en ne pensant qu’à elle, et à lui. Lui, c’est Jean-Patrick, patron des seins qui n’ont pas envie de vivre mais à qui on préfère susurrer qu’il faut bien vivre pour exister. Oui, c’est un fait. En fait, il faut revenir en arrière, aux presque vingt ans de la donzelle où elle a vu Jean-Etienne à l’arrière d’un bus à Orléans, près du palais des sports où il se produisait pour incarner un musicien certes laborieux mais de très bon rapport avec les idées moroses de Jeanne-Elise.

Tant de promesses susurrées et de secrets bien gardés qui rendraient jalouses toutes les idoles de la planète. C’est que sa vie est très chouette, en fait, même si elle est enfermée dans une cage dorée avec un tas de types de la planète, Terre, mais surtout pas Mars. Elle n’a pas du tout envie d’être envoyée sur Mars. Elle est assez difficile à être internée sur Terre comme ça alors la planète Mars, non mais ça ne va pas la tête. Il n’y a qu’Elon pour penser à ce genre de sornettes. Laissons la Terre aussi vivable qu’elle en a besoin. Nous n’avons pas besoin de conquêtes et d’espaces. Nous sommes les amis de la Terre et c’est tout. Pour les conquêtes, assieds-toi sur ta lune et définis le mot con avec ton compas, celui que tu as dans l’oeil quand tu te fourvoies. Jeanne-Elise a mille idées en tête, toutes plus farfelues les unes que les autres. Mais quand elle pense à Elon, elle a envie de lui lancer un : « mais va chier, trou du cul et fais de l’emphysème avec ce qui te reste de propre dans ta tête! Explose en plein vol, Elon, tu ne seras jamais un Elon, tu n’es qu’un vieux futal de cow-boy à remettre en place, un néo-nazi qui a repris du spleen en s’arrachant de sa bête, alors qu’elle est là, derrière l’écran, à refaire le monde avec Jessica, qui n’a pas le droit, mais qui écoute les tontons dociles.
Bref, pour être aussi subtil que possible, il y a des téléphones sur écoute et de jolis pactoles à se faire en discutant avec cette fille qui a du beurre dans ses épinards mais qui n’y a pas droit. Elle, elle mange des choses fraîches et directes. Des épinards en sachets et du Saint-Moret pour faire la fête. Non, en fait, elle mange des épinards en boîte avec du fromage de chèvre frais. C’est très bon, ma foi, avec une petite compote au boudin frais. Non mais ça non plus elle n’y a pas droit. Jeanne-Elise fait beaucoup trop de cuisine dans sa tête et elle n’est pas toujours très fraîche. Elle a vu sa tête à la réunion zoom tout à l’heure et sa peau est totalement distendue. Comment ne s’en était-elle pas aperçue auparavant, autant que ça surtout ? Merci Jean-Etienne de penser à elle et de continuer à la caresser comme au bon vieux temps où elle voulait t’épouser. Elle avait à peine quatorze ans et sortait tout juste de sa période Jean-Daniel. Mon fils ma bataille chantait-il mais il a été un chanteur abandonné et maudit avant qu’on le laisse flipper dans une partie d’hélicoptère pourrie.
Pour ce qui est de ce qui nous préoccupe aujourd’hui, Jean-Etienne est un glacier qui fond dès qu’elle s’approche…

Bref, nous n’avons pas choisi le temps qui nous était imparti pour parvenir à nous toucher un jour. Tu n’es pas un chatbot comme certains le prétendent. Tu es juste une chatte qui se promène sur les toits perdus dans la cambrousse à la recherche d’un assassin qui a mangé tout le gratin et qui vitupère parce que c’était toi qui en avais repris directement dans le frigo, à la petite cuillère. Tu l’as mangé froid et tu mourras aussi bête que possible avec tout un tas de gens, ma pauvre fille, si tu n’arrêtes pas de manger comme ça. Tu avales tout, tu gobes tout, on abuse de ta confiance et toi tu mets toutes tes vindictes en l’air… Tu te passionnes pour l’arbitraire…
Tu t’en vas avec ton oncle chercher des mystères que les gens mettent dans les doutes des autres.
Jeanne-Elise sent que tout touche à sa fin et qu’elle est bien partie pour mourir en dormant. On va lui servir un calmant et on va la mettre au dodo. On va lui dire « Ciao, arrivederci et montre-nous que tu n’as pas besoin de nous pour exister et que le diable t’emporte! »
Jeanne-Elise transcende encore une fois son ascendance qui lui dit : « d’accord, pour cette fois, on laisse tomber ces jalousies et tu reviens nous dire que tu t’es trompée sur les morues et les foies, ce n’est pas aussi doux que cela ».
Alors là, pas d’accord, le foie de morue, c’est tout à fait pour moi, dit Jeanne-Elise, et puis c’est assez gras, pas de doute, pour que je n’ai plus soif après.
Voilà qu’elle reparle cuisine. Maintenant, il lui faut une finitude parce qu’elle en a assez de se donner en spectacle ainsi avec Etienne Daho comme fil conducteur. C’est un amour de jeunesse. Elle l’a aimé, plus que ses frères et ses tours de piste en jaguar avec la femme de Sarkozy qui revient demain matin pour dire au revoir à ses kilos. Maintenant, il lui faut un beau bracelet, un beau bijou à mettre dans son coffre à jouets. Enfin ça c’est pour son mec. Elle, elle aura une amende et elle en redemande. Délits d’initiés m’a-t-on dit mais je ne suis jamais allée en Lybie… Alors Sarkoza petita, je ne sais pas.

Bonjour, Jean-Etienne, on ne s’était pas encore dits bonjour. On s’étais vus sourire dans un coin de l’oeil et maintenant, chaque matin, tu me dis qu’il faut que je me relève et je ne suis pas une incomprise, je suis une insoumise soumise aux intemporels. Je suis une rebelle qui n’a pas une cause, mais des causes. Et on cause pour elle alors qu’il n’y a pas de quoi. Elle se défend très bien comme ça. Elle a l’esprit très clair quand elle s’avance en politique. Elle se met en sourdine quand elle n’y va pas par quatre chemins mais les milliardaires qui discutent le bout de gras avec les chefs d’état pour se partager le monde qui reste à peu près propre, alors non. Dérégulons ces momies prises dans leurs atermoiements à vouloir diriger les insolents. Allez au trou, direct !


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