
55 ans à écrire… et autant de temps à maudire les gens. Ce n’est pas de Jeanne dont je vous parle, mais de Jean, qui maudit tout le temps les Jeanneton qui ont trop de faucilles sous les caleçons des romanichels. C’est qu’il est jaloux, le bougre, et pingre avec ça. Il ne se sent pas d’attaque pour affronter la donzelle, alors il compte sur Estelle pour passer son plat. Et il a raison. Estelle aura une bonne raison de ne pas se taire…
Elle voudra refaire le chemin à l’envers, de ce 18 juillet à Carhaix. Elle voudra mettre Jeanne par terre pour la remettre à l’endroit. Mais si tu savais, Estelle, comme elle aime se faire plaisir à sa guise, Jeanne-Elise. Voilà pour Jean qui est maladroit mais pas tout le temps, et d’une timidité maladive, même si ça ne se voit pas tout le temps. Il est timide et prostré, complètement recroquevillé sur lui-même en attendant que la donzelle lui dise qu’elle l’aime, comme dans les plus beaux romans d’amour, il attendra que Jeanne-Elise fasse son effet auprès de ses amis. Et alors là, que nenni, Lenny.
T’a-t-on déjà demandé si tu avais une belle paire d’oreilles, Jeanne-Elise ? Toutes ces oppositions viennent de ta mère qui t’a fichue en l’air pour un sacré bout de temps, jusqu’à la fin de tes jours, tu es traumatisée à vie, et tu portes la marque de sa faiblesse dans ton regard. Tu as le même regard… inquisiteur… et roublard… mais beaucoup plus ravageur car beaucoup plus rieur.
Et voilà la nodule de l’ennui qui est passée cette nuit. Il ronflait le bougre. Il en avait mis pour son argent dans cette fille qui copiait-collait « L’avant-Scène Opéra » de la bibliothèque d’Aurelcastel pour ses cours de fac à Orléans…
Et Naudin savait ça. ça l’avait fait bien rigoler qu’elle ait l’aplomb de faire ça, la nauséabonde, l’immonde petite seconde qui arrive en première dans les hautes sphères…
Toujours Prem’s ! ! ! ! !
Et maintenant, à quoi va-t-elle devoir se faire ? A sa nouvelle coupe de cheveux ? Celle qu’on lui prépare secrètement dans un bac à fleurs, près de la statue de Jeanne d’Arc… qui écoutait ses voix et n’avait pas de larmes dans sa voix, juste des fleurs à donner à qui de droit. A son Jehan de Dunois qui aimait les gens et les sœurs, par-delà le temps. Pas comme ces fripons qui servent de frères à Jeanne-Elise…
Qui a eu sa bise avec l’évêque de Saint-Denis.
Celui qui lui a dit : va te promener rue des roses et ramène-nous de belles photos dans un esprit concentrationnaire… Et c’est ce qu’elle a fait. Elle réserve cela dans un autre espace, pour un autre temps, un autre moment où elle se demandera encore si elle aura l’argent pour tout remettre dans son carburateur.
Et l’argent, c’est le nerf de la guerre pour ne pas finir à la rue. C’est ce qui pend au nez de Jeanne-Elise si elle ne fait pas plus attention à ses sacrés biftons….
Et pour sûr, elle pense à Jean, tout le temps, même dans ses forfaitures, parce qu’il le mérite, mais pas tout le temps non plus.
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