De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Jeanne-Elise ne réécrit jamais rien

Est-ce une paréidolie ou un atavisme ? Jeanne-Elise n’y comprend rien, si elle habite Paris ou Aurelcastel. Alors qu’elle est bien attablée, elle se rend compte qu’elle disserte sans jamais vraiment discuter. Elle s’était bien aperçue que quelque chose se tramait, mais de là à la décider de se suicider pour faire main basse sur son petit trésor, ses écrits, son testament, ses petites publications qu’elle ne fera jamais mais qu’elle remettra en mains propres à une notaire, à Aurelcastel en l’occurence, voilà qui est bien plié pour ceux qui voudront se faire de l’oseille sur son dos une fois qu’elle aura le dos tourné, c’est-à-dire au mois de février mais elle ne sait pas encore de quelle année. Un mois de février nonobstant, en 2027 apparemment. On l’enterrera puis on déterrera tous ses écrits en la faisant passer pour une harpie, alors qu’elle n’est rien de tout cela, et ceux qui la connaissent réellement verront quelqu’un de tout à fait charmant, bien poli, bien soucieux de son prochain, toujours très empathe, beaucoup trop même mais maintenant, elle n’en n’a plus rien à foutre. Elle ne roule que pour elle désormais et tant pis pour les autres… Alors la BNF et consorts devront encore attendre avant de statuer sur son sort. Elle ne mourra pas de sitôt, pas avant d’avoir terminé toutes ses observations qu’elle mettra sur des traitements de texte et qu’elle publiera sur des sites internet mais en faisant payer les gens, ceux qui s’associeront à son renouvellement et qui apprécieront son écriture qui est quelque peu malfaisante et médisante à bien des égards contre les gentes masculine et féminine qui la contrarient fortement, surtout les femmes très maquillées portant de gros bijoux et des fringues à faire pâlir d’envie l’ami Polichinelle, pire qu’un Desigual… enfin bref… Quant aux mâles, elle aime les quéquettes qui finissent en trompettes… Enfin bref… Jeanne-Elise écrit vraiment n’importe quoi. En fait, Jeanne-Elise ne se relit presque jamais. Elle écrit puis elle balance tout sans contreparties, sans se dire si c’est bien ou mal écrit. Elle écrit, et c’est forcément bien, donc elle balance le tout sur internet sans crier gares. Et elle ne crie pas gares, elle crie connexions et abandons successifs, de ses parents, de ses parrains et marraines, de personnes qui veulent qu’elle soit oubliée avant de lui offrir une résurrection post-mortem. Mais où a-t-elle bien pu passer la fille qu’on trouvait chouette quand elle se mettait à dessiner des glaïeuls alors qu’il faudrait des primevères ? Jeanne-Elise n’aime pas les glaïeuls et préfère les primevères, les ancolies, surtout les ancolies, les marguerites, les pâquerettes, les vergerettes et les violettes…


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