De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Jeanne-Elise n’a pas menti, elle a juste failli

Jeanne-Elise ne ment pas, est très franche et ment toujours par omission pour ne pas être embêtée ou embêter qui que ce soit. A part ça, Jeanne-Elise se rend compte qu’il ne suffit pas d’être deux ou trois pour aimer écrire, mais d’être au moins deux pour imaginer une fille pleine de rires suspicieux. Suspecte, Jeanne-Elise est trop suspecte pour se faire rire toute seule. Et pourtant, si vous saviez… comme elle se marre quand elle pense à tout un tas de situations, de jeux de mots qu’elle sort de son chapeau, de son inusable envie d’en finir avec la déréalisation de sa vie. Elle sait qu’elle a été conçue par l’opération de saints esprits qui ne lui ont pas dit : rends-toi compte de ta chance et puis souris mais prends-le mors aux dents et souris, sinon tu n’auras pas la chance de t’éliminer toute seule. Jeanne-Elise a retrouvé le courage de s’en prendre à la bête, cette si petite bête qui lui monte à la tête. Elle lui avait manqué, cette bête qui l’hypnotise rien qu’à la relisant. Jeanne-Elise s’hypnotise et se berce rien qu’avec le rythme de ses propres mots, de ses phrases et de ce roman qui n’en n’est pas un. C’est le roman de sa vie et elle s’est très bien servie. Elle a la part de la lionne, celle que l’on ne rétribuera pas mais qui figurera en tête de gondole pour tout un tas de bouquins. Pas le sien, ça ne suffit pas, mais d’autres qu’elle écrira pour dire qu’elle a soif d’avenirs et de soulographies avec ses propres mots et ses propres désirs, retrouver Jean-Eric après vingt-deux ans passés loin de lui. Elle souffrira moins en si bonne compagnie, dans le pays malouin, au pays de Retz ou en sarcophage avec les Egyptiens de la vie de Cocagne. Bref, ce n’est pas la gloire tout ce qu’on lui dira après son brûlot, on lui soufflera encore des mots mais plus doux et plus apaisés. A moins que, à moins que… elle s’en fiche des mots et prendra la décision d’arrêter. Tout ceci sent la fin d’une pirouette, pas d’un départ au pays des alouettes… Elle finira la bête ce soir, s’en ira faire un tour pleine d’espoir, relira Jean-Edouard avec son argent, partira faire un tour voir Jean-Patrick et dira tout de suite qu’elle a fait faillite au pays des grises souris. Il ne lui reste plus qu’à mentir et à partir… ailleurs… vers un indicible ailleurs… loin des profiteurs et des bonimenteurs… elle façonnera son pain sans le pétrir et ira prendre un bain dans les salines… sans huile et sans frites… Juste du sel… de la fleur de sel et un bon chocolat noir… qu’elle infusera dans un bon thé noir à la bergamote…


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