De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Jeanne-Elise et la murder party

L’amor est là

Jeanne-Elise travaille à une murder party. Elle est partie avec un havre-sac faire le plein de points pour siffler la fin de la partie. Elle ne rejoint rien. Elle fait juste le point pour se dire qu’il y a des meurtres jusqu’ici, dans le ventre de la cave à Jean qui est réfrigérée par l’opération d’une climatisation réversible, même en hiver, tu as toujours une impression de fraîcheur pour que tu ne restes pas trop longtemps et que tu ailles consommer dans les magasins d’à côté. Et puis il y a la loutre de Bretagne qui reste dans une immensité, un océan d’emmerdes qui ne la fait pas disjoindre car elle a du caractère. Mais la loutre, c’est elle, Jeanne-Elise, si fragile et si puissante quand elle écrit qu’elle se fiche bien de tous ceux qui veulent la faire plier alors elle se bat pour partir à l’envers, sortir de ces gynecees qui ne lui apportent rien car elle est née femme et elle le restera jusqu’à la fin de ses jours mais pas dans ces conditions là, avec ces bonnes à tout faire qui reproduisent les mêmes gestes que leurs mères sans montrer ces gestes aux pères qui sont mal barrés tant ils ressemblent à des criminels avec leurs casquettes à l’envers ou les visières rabattues sur leurs yeux, pour qu’on ne voit pas leur jeu, celui d’un sédentaire americanise à l’extrême, qui se parfume à la sauce BBQ alors qu’il faudrait une chorba avec de la harissa, une purée de pois cassés et des envies de speculoos marinés dans une infusion de tilleul-citron recouverts d’un lit de fromage blanc 0% sous une couverture de lemon curd réalisé au micro-ondes en cinq minutes chrono, tour de main compris et sans beurre mais avec des œufs. Et voilà. Tu peux remplacer les œufs par l’eau des pois chiche et à la cuisson, ton lemon curd prendra. Le tout sans sel mais avec un peu d’astuce, d’espieglerie et le bon jeu de la carte de Jeanne-Elise qui ne fera jamais le mort au bridge mais qui attend l’amor. Et ça devient long ces jeux de cache-cache du fin fond de la Loire. Jeanne-Elise plie ses vêtements mais ne rompt pas le contrat passé avec sa mère. Et c’est Elvire qui prendra la carte outre-mer pour entrer dans la danse. Et Elvire prépare son testament littéraire quand Jeanne-Elise pense encore à ses pulsations, à ses respirations et à son envie de vivre, quoique devienne Elvire. Jeanne-Elise a failli se faire tuer cet après-midi. Un joyeux petit retraité en goguette en voiture qui a continué d’avancer alors qu’elle était à pied, arrêtée sur le parking de la pharmacie et plutôt que la klaxonner pour lui signifier d’avancer un peu, il a continué son chemin en la frôlant sérieusement. Jeanne-Elise l’a copieusement engueulé. Elvire va l’assassiner quand il aura passé le pont, ce vieux croûton qui s’ignifuge en allant chercher ses gros besoins à la pharmacie. Jeanne-Elise ne sent pas cette murder party. Elle n’a pas encore fini son testament alors elle va le faire et tenir jusque là parce qu’elle sait qu’elle tient à la vie mais que dans ces conditions-la, avec ces vieux qui niquent tout autour d’eux, elle a eu raison d’écrire son brûlot. Reste à le faire éditer. Elle n’a pour l’instant pas la solution à ça mais il lui reste à proposer aux petits vieux une bonne euthanasie pour qu’elle se sente mieux. Ce sera peut-être la solution aux problèmes de la terre qui souffre tant et qui ne dit rien pourtant. Alors Jeanne-Elise se tait, mais elle écrit pour mieux vivre, pour vivre avec ses moyens et pas ceux des autres. Jeanne-Elise a tant à écrire sur sa faim de louve que l’on empêche de respirer. Alors elle va s’accrocher et dire aux putains, hommes et femmes, de se maintenir à leur niveau car Jeanne-Elise les a déjà dépassés. Impossible de la rattraper. Tu connais bip bip le coyote ? Eh bien c’est elle, Jeanne-Elise et pas moyen d’écrire comme elle, elle a tant de styles à revendre et de pseudos à faire marquer d’une bonne opinion. Ça sert à ça la dispersion, c’est de marteler son opinion sur la toile, tout ça gratuitement, sans encouragements mais avec opiniâtreté. Et c’est le seul chemin à prendre. Être écolo jusqu’au bout des ongles qu’elle ne ronge plus… il faut partir un peu en arrière, gagner sa vie à travailler pour le bien de la Terre… et continuer à faire comme si de rien n’était pour les sans ambitions. Reste le testament à faire quand même car la vie n’est assurée pour personne.


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