De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Ecoute Jeanne-Elise, elle a de la répartie maintenant quand elle est confortablement assise à écrire

Jeanne-Elise se rappellera toute sa vie où elle a croisé, un jour de 1994, Rachid Taha, dans les pourtours de la Maison de la radio à Paris. Il lui avait fait forte impression, elle l’avait aimé illico, d’un amour sincère et fiable pour cette belle âme qui la désespère tellement il a mis de spleen dans sa musique. Jeanne-Elise n’est pas contre un peu de spleen, mais tout de même, elle se met à aimer d’autant plus les gens quand ils sont mélancoliques, quand ils sont à bout d’eux-mêmes alors qu’il faudrait les aimer tellement, les prendre dans ses bras et non par les mains en leur mettant des menottes. Non, ce qu’il faut, c’est un bracelet en forme de trompe d’éléphant, de corne de zébu ou de poings qui se rejoignent. Tout ça dans un bois de baobab que l’on mettra au pied des nababs qui ne voudront pas voir les belles tempes de l’acajou mais qui verront illico les temples de Katmandou.

Jeanne-Elise voue une passion pour ce garçon qui s’est teint les cheveux en roux pour lui ressembler. Un beau henné cuivré qui lui a donné l’air d’un garçon efféminé alors qu’il était un beau garçon dans un costume multicolore. C’est sûr, il s’est fait remarquer ce jour de juin 1994. Etait-ce un 18 juin pour répondre à l’appel d’une générale ? Jeanne-Elise a des incertitudes mais elle est convaincue que Rachid l’a vue et qu’il s’est dit : tiens, voilà cette fille à qui tout le monde donne toujours raison même quand elle se croit stupide. Jeanne-Elise est simplement un vif argent timide, si timide que sa répartie est parfois lourde mais jamais exempte de dignité en la race humaine, toute la race humaine, et toutes les espèces animales dont la race humaine fait partie et qu’il faut respecter, comme ce beau Rachid qui a chancelé quand il l’a croisée en se demandant si cette fille était un croisé Kaninchen ou Persépolis. C’est comme l’a dit ton fils, Rachid, il l’a croisée un jour et il a dit que sa beauté se voyait à contre-jour, dans la pénombre d’un sous-marin qui se prend pour une salle de bain baignée de soleil. Ce soir, Jeanne-Elise prendra sa douche pour la deuxième fois de la journée. Elle se savonnera au savon d’Alep en pensant à Rachid, certes, mais aussi aux timides, à ceux qui se font violence pour exister réellement. Jeanne-Elise est timide, revancharde et sacrément vacharde quand on l’ennuie avec des illusionnistes qui se prennent le cul pour une Trumpette. Et voilà le trump, la trompe qui trompe, qui dupe, qui caniche tout le monde alors qu’il est mal assis. Oh, si vous saviez comme il est mal assis et qu’il se fend le cul à paraître abordable sur son beau séant qui ne le supporte plus. Trump ne se supporte plus lui-même, et il fait comme si…
Jeanne-Elise, quant à elle, continuer à s’aimer sans raffoler d’elle-même. Elle a trouvé un juste milieu, entre raison et pérennité. Il ne lui reste plus qu’à gagner sa vie en toute sérénité, sans se poser de question sur la viabilité administrative de ses oppositions aux systèmes qui tournent en orbite autour d’elle. Il va falloir passer par la case micronésie ou micro-entreprise pour se retourner sur sa vie sans se déparer de son charme, de son indicible charme qu’elle retire de son chapeau qui est un bonnet en forme de béret en laine, avec de grosses mailles qui fait tout son charme. Elle a regardé les regards qui se posent sur elle en ce moment. Et elle n’est pas celle qui mérite de la curiosité. Juste de la dignité à respecter !


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