
Jeanne-Elise aime les photographies, il lui manque celles qui ressemblent à Jean malgré les vidéos qu’il met sur youtube. Jeanne-Elise a du mal à évaluer sa pénibilité, sa sensibilité et tout son univers artistique, photographique, ses couleurs, celles qu’il aime vraiment ou celles qu’il porte parce qu’elles lui donnent un charme fou. Elle l’imagine en vert amande, en violet, vert amande pour le bermuda, un tee-shirt violet en col V pour le haut. Ensuite, porte-t-il un panama comme on a essayé de le faire croire à Jeanne-Elise ? Il porte très certainement un chapeau pour cacher sa calvitie naissante… Et pourquoi pas un béret rouge en laine qui retomberait sur le côté, des lunettes de soleil vert de gris qui lui donneraient l’air incognito. Ce Jean est un drôle de coco et Jeanne-Elise espère qu’il ne fume pas le cigarillo ni la cigarette ni la vaporette. Elle espère qu’il est safe et qu’il ne boit pas d’alcool. Elle aurait du mal à l’imaginer ainsi. Elle ne s’imagine aucune photographie venant de lui. Elle ne le voit pas prendre des photos, peut-être les dessiner, les esquisser sur un carnet, sans pixel, juste avec un fusain et un pastel, quelque chose de fin et de délicat. Voilà, Jeanne-Elise imagine Jean comme un peintre délicat, un dessinateur à l’encre de Chine… noire, rouge et violette. Voilà pour l’ambiance. Elle l’imagine en violet parce que ça lui plait, un violet dense et profond, comme l’ancolie qu’elle aime, celle qu’elle met sur son blouson.


Voilà, le visage de Jean est toujours caché et Jeanne-Elise ne peut qu’essayer de l’amadouer avec des effets dévastateurs. Elle sait qu’il la regarde, qu’il la voit mais elle, elle ne l’imagine pas, ou si peu… A peine un vert, un bleu canard, un bleu mésange et un rose comme la noblesse de la Queen Elisabeth ou d’une fleur de cerisier. Jean ne ressemblerait-il pas plutôt à ça ?

Jean est décidément très masculin… et un peu efféminé… Jeanne-Elise se l’imagine tapette de la tête aux pieds… Il tapette sur des mouches et se la joue mazette ! Mazette, elle a fait des couettes avec parcimonie car elle mange sur son lit, la souris de chez Nénette Vallée qui est morte dans un pré. Jeanne-Elise remercie Nénette et ses copines, jamais avares d’une turbine ou d’un rapport à faire au facteur. Toujours gaie comme une pinsonne, la Nénette Vallée que Jeanne-Elise connaissait malgré les vicissitudes de la vie. Toujours un sourire aux lèvres, jamais avare d’un petit câlin, et taquine avec ça, juste ce qu’il faut pour ne pas devenir chameau. Jeanne-Elise aime l’élégance d’un mot, d’un regard et d’une assise qui veut dire, vas-y, je t’en prie, il faut s’aimer sans se faire prier. Juste s’aimer, s’asseoir le dos bien droit, les fesses bien calées et les jambes bien confortablement installées à côté d’un petit chat qui s’appelle Oona. Et voilà la présence de Jeanne-Elise dans son salon. Vous conviendrez qu’on vit bien mieux ici que chez une marquise. On vit d’ailleurs ici dans un maquis, un tout petit maquis, un tout petit jardin qui s’en va vers le naturel. Il n’y aura rien de surnaturel, à peine de l’irréel. Juste des plantes qui poussent parce qu’elles ont appris à survivre dans un lit de bonhommie. Voilà, ici aussi on est bien accueilli.es, les fleurs, les plantes, les arbres, les animaux sauf ceux qui gueulent trop fort parce que ça la met en rage, Jeanne-Elise. Jeanne-Elise s’était habituée aux miaulements de Cerise, son chat mort le 2 novembre 2024. Désormais, elle continue sa vie avec Oona, sans Jean, sans gros Jean ou grand Jean. Elle ne sait pas qui il est. Il n’est qu’un fantasme. Est-ce ainsi que l’amour de Jeanne-Elise se finit ? Allez savoir avec les dingues qui sont au-dessus de son lit. Tout ce que veut entreprendre aujourd’hui Jeanne-Elise, c’est de la gaité, de la sérénité, de la joie de vivre et un peu de paix pour bien apprécier sa valeur, celle d’une écrivaine qui n’a plus que ça à faire désormais. Alors Jean, avec ses vidéo-poésies et ses diamants dans le matelas, peut bien aller se rhabiller. Voilà que Jeanne Decouty débarque dans le monde de la littérature. Il lui faut un bain… elle n’aura qu’une douche à se mettre sous la couette. Elle dit bonne nuit à son ami Jean Souris. Souris Jean, il est bien encore temps de se casser la nénette à faire une vallée de larmes ou de sourires qui se transforment en rires. Merci Nénette Vallée de m’avoir toujours appréciée telle que j’étais, comme une fille pas douée mais bonne à amadouer avec des câlins et des rigolades. C’est tout ce qu’il fallait donner à cette fille qui ne demandait rien d’autre de prime abord. Après, il y a les choses plus compliquées. Ce n’est pas qu’elle les saborde mais elle a eu son lot de misères et de choses pas chouettes, cette fille qu’il ne faut pas amadouer, juste aimer, c’est tout ce qu’elle demande parce qu’elle est sincère. Sans oublier ou omettre quoi que ce soit, Jeanne-Elise remettra au plus fort son testament littéraire. Mais ce ne sera pas avant une paire d’années. Avant, elle écrira des miscellanées, des petits romans de la redoute et quelques diamants à mettre dans la poésie d’un certain Philippe. Philippe Qui ? Certainement Philippe Soupault et non Tristan Corbière, André Breton ou Robert Desnos, pas plus que Francis Ponge. Jeanne-Elise a tout d’une Lamartine, d’un Chateaubriand ou d’une histoire qui commence par plume et finit par… fil…____ ? ______
Textes et images : copyright Elvire Dallès !
Laisser un commentaire