
Jeanne est une rescapée de la vie. Elle avance à pas de souris. Si elle se trompe, elle ne pourra s’en prendre qu’à elle-même mais elle est très aidée pour ce qu’elle a à faire dans la vie. Avancer et n’aimer que ce qu’elle fait pour arriver à faire de la poésie dans son jardin, près de son chat qui se métamorphose de jour en jour. Jeanne-Elise est puissante et se rend compte que la ménopause est une bienfaisance. C’est une bénédiction d’être dans une force, un âge où l’on se rend compte que l’on a encore de la force pour accepter toutes les vicissitudes de la vie. Jeanne se débrouille seule avec l’aide de quelques-uns qui ont l’âme charitable. Et c’est un bienfait que d’allier les vicissitudes du privé avec un bien public. Car Jeanne-Elise est un bien public. Elle appartient à l’état et à sa mise en route dans un nouvel espace. Jeanne-Elise trace son chemin dans la recup pour son quotidien, son mobilier, ses idéaux qui sont ceux de Gilles et qu’elle partage plus que volontiers parce qu’elle est enfin raccord avec quelqu’un. Vous verrez d’ici quelques temps comment tondre sans en foutre la ramée, sans fil et en ne se trompant pas de chemin. Ainsi ira le jardin de Jeanne-Elise, sans artifice et sans modèle. Il se modèlera de lui-même. Idem pour la cuisine. Et tout ira bien, sans frime, au naturel avec l’ambition d’être une ericacee un jour, un leuconthoe que voici :

Il est déjà très appréciable tel qu’il est et Jeanne-Elise a envie de le laisser grandir quelque part. Dans son jardin ou un autre abri ? Jeanne-Elise a besoin de citronniers qui donnent des fruits et puis c’est à peu près tout. Elle sait pertinemment où ils pourront prendre et c’est chez le locataire. Elle aurait un point d’ancrage pour les mettre à l’abri l’hiver. Mais pour l’instant, il est exclu de virer son locataire, elle a besoin de cet argent pour continuer à vivre et il n’est en rien dérangeant. A moins que Jean-Eric n’investisse ce côté bucolique. Et là elle dit pourquoi pas. Elle y a déjà pensé plus d’une fois. Hors de question de se marcher sur les doigts de pied. Il y a tant à faire avec cette maison qui n’est pas simple mais qui est celle de simples qui ne s’avachissent pas. Alors voilà, c’est décidé, il faut débarrasser le plancher et vivre à deux décemment dans une maison qui est faite pour la ménopause et l’andropause de ses occupants principaux. Il manque un vrai endroit pour faire une bibliothèque. Il y a déjà une cuisine. Et puis voilà. On trouvera un bel endroit où mettre tout ça avec de vraies richesses. Pourquoi pas une véranda à l’endroit où l’on fait un patio. Et puis il y a une suite au rez-de-chaussée si on a envie d’aimer à califourchon. Pourquoi pas s’aimer dans une suite… Jeanne-Elise imagine sa vie sans Pascal. Avec Jean-Eric uniquement. Et elle a réussi son coup. Trouver un accord tout de suite. Merci Jojo la Frite.
Texte et photos : Elvire Dallès.
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