De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Jeanne accroche à un truc

Jeanne sait ce que kiffer veut dire désormais. Elle n’a plus besoin d’achoppement, elle passe par une barre… de survie ? Non, de vie tout simplement, de croyance dans la bio, dans tout ce qui fait que nous sommes au complet dans la nature. Que nous sommes entiers, intègres, les deux pieds posés sur l’herbe. C’est ce qu’aime dire Jeanne-Elise. Elle n’est intègre que les deux pieds sur l’herbe, totalement intègre. Elle enlève ses sabots pour sentir chatouiller les brins d’herbe comme un bain de pieds dans la tiédeur de la rosée du matin qui lui va bien. Elle a mis ses souliers, elle a préféré dire qu’elle était déjà venue. En fait, elle fait le tour de ses propriétés, celles qui existent déjà et celles qui viendront après une bonne giboulée en pin du Canada. Jeanne-Elise pense aux caneberges, à l’amélanchier, au prunelier qui est tout près de ses aspirations, avec l’aubépine et l’églantier. Il a tellement de choses à dire, cet amélanchier, beaucoup mieux qu’un amandier. La griotte veut des cerises griottes dans son verger, des poiriers, de la conférence, de la beurré Hardy et de la poire du curé. Voilà pour l’arrogance dont elle fait preuve dans son inexistence vouée à son patronyme qui est Elise Dravel. Elise Dravel sait qu’elle n’est pas belle mais elle fait comme si. Si vous saviez tout ce que l’on met dans ses si… Elle a tellement de doutes mais pas trop de surprises. Elle aime les emprises sur son empire, ses propres emprises et ce qui reste à advenir. Propriétaire terrienne et écrivaine. Voilà un beau métier pour voir les amélanchiers pousser. Elle a trouvé son patronyme, Dravel, dans une poubelle. Celle des circonstances qui atténuent sa peine. Jeanne-Elise est une rebelle même si elle sait qu’elle n’est pas belle. Elle fait de son mieux pour rappeler qu’elle ensorcelle, elle le sait par son frère. Qui lui adresse à peine la parole. Il est jaloux et il boit comme un trou. Et voilà que Jeanne-Elise a des soucis aujourd’hui. Elle a vu ses Elisabeth et Hugette, mais pas encore Françoise. Elle ira lui adresser la parole demain. Elle ne sait plus très bien depuis quand elle ne l’a pas vue. Alors demain, s’il fait beau temps ou s’il fait moche, elle ira chez son amie Françoise pour prendre le pouls du temps et des Ici Paris qui tissent sa toile et son canevas. Pöur le tricot, il s’adosse à un bon dos, George-Elliot, c’est une fille et c’est certain, on en fera quelqu’un avec des boutons et des croisillons…


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