
Voilà tous les contours d’un vol ou d’un viol de la vie privée ou publique…
Jeanne-Elise a été longtemps correspondante de presse pour des quotidiens régionaux de la presse locale, en Eure-et-Loir. Elle a parlé dans un micro qui a diffusé sa voix sur des ondes, une radio locale où elle animait une émission. Quelquefois les informations vocales de la radio locale… On l’a même enregistée, les piges antenne de la radio que l’on a gardée dans un circuit privé peuvent en attester. Maintenant qu’elle a envie de regarder et d’écouter tout le monde et de manger sa glace, sachez que Jeanne-Elise ne peut pas filmer tout le monde avec son appareil-photo sur la place principale de sa ville-miroir. Le monsieur que vous voyez sur la photo a été consentant lorsqu’il a posé pour cette photo-là pour le journal quotidien régional.
Il est seul sur son bateau, il pratique une technique de pêche bien spéciale.
Est-il assis sur un float tube ? Il est bien assis dans un fauteuil, sur l’eau, avec sa canne à pêche. Jeanne-Elise s’était dépêchée de prendre la photo et montrer à tout le monde la dernière innovation en matière de pratique de pêche. Une nouvelle american way of life à pratiquer avec le concours des meilleurs magasins de pêche avec des gens sympathiques et sensas, qui vous accueillent avec le sourire. Un fait qui n’est pas violent. Et que Jeanne-Elise risque-t-elle aujourd’hui pour montrer cette photo sur un autre canal, de dimension quelconque, avec un pseudo, pas de voix, pas sa photo, juste un style d’écriture. Un style qui lui appartient, une propriété intellectuelle qui lui est encore propre. Elle va jeter cette bombe à la face du monde. Car ce matin, enfin ce midi, elle a rejoué le dilemme de « L’aile ou la cuisse » dans un restaurant avec De Funès en Pivert, Coluche en pauvre héritier qui a du mal à avancer car sa vocation première était celle d’être clown mais papa l’en a empêché. Puis Jeanne-Elise a tenu tête en faisant le remake du film de Louis Malle avec Brigitte Bardot, « Vie privée, vie publique ». Je vous parle de ses références cinématographiques. Jeanne-Elise est détentrice d’un DUT INformation-communication option Métiers du livre… Est-elle une professionnelle de la vie privée et de la vie publique ? Quelles connaissances juridiques a-t-elle en la matière ? Un procureur de la république peut-être pour l’éclairer ? Jeanne-Elise a obtenu une licence professionnelle d’écrivain public qu’elle a obtenu bon gré mal gré. On lui a donné quelques notions juridiques et elle peut parfaitement lire un texte de loi du Code Civil Républicain instauré par Napoléon 1er, un empereur, et pas un président de la république ni un procureur de la république. Un avocat général peut-être ? Un homme ou un texte de loi ? Un Montesquieu en puissances pour l’éclairer ? Un ministre de la justice qui est un justiciable comme un autre malgré ses éternelles impunités…
Un député ? Un sénateur ? Qui fait adopter des lois dans cette belle cinquième république ? Qui écrit les textes ? Qui fait des rapports ? La police ? La gendarmerie ? Quelles informations sont-elles remontées provenant de toi simple citoyen ? Qu’as-tu le droit de filmer, d’enregistrer quand tu appuies sur le bouton ON ? Es-tu en reconnaissance faciale avec ton téléphone, entres-tu un code pour activer la carte SIM qui se fiche dans ta puce, ta petite puce qui t’appartient et qui te gratte souvent à l’oreille ? As-tu une carte dans ta puce ? As-tu une identité qui te fait connaître ou reconnaître sur un échelon privé, local, départemental, régional, national, continental, mondial ? A qui vas-tu livrer ceci en pâture ? Qui va faire connaître ton nom ? Qui pourra attester de ton identité ? Ton empreinte digitale que tu donnes pour inscrire ton empreinte sur ta carte d’identité que tu fais imprimer dans une mairie, à côté d’un commissariat de police, dans une sous-préfecture dirigée par une préfecture, dirigée par un Etat et nous sommes dans un état de droit. Voilà où nous en sommes du droit actuellement sur les identités, privées ou publiques, des gens que l’on reconnaît, dont on atteste l’identité, tous ensemble en travaillant main dans la main. Jeanne-Elise a fait du foin pour éviter la vindicte des citoyens. Ce qu’elle vit à l’intérieur d’un système mis en place par des gouvernements successifs n’a rien d’une sinécure. La psychologue ce matin lui a montré un joli panel de ses possibilités de soin : pour l’instant prendre ses médicaments (les molécules de ses cachets datent, pour les plus récentes, des années 1990. A-t-on porté le bon regard sur sa difficulté à vivre, enfin à survivre dans un monde qui ne l’épargnera pas puisqu’on a porté sur elle un diagnostic avec un oeil de médecin, celle du psychiatre qui a dit qu’elle devait être, aussi, homosexuelle en plus de la maladie qu’elle doit supporter. Son identité : la femme est rousse, elle a la peau blanche tavelée de tâches de rousseur, elle tient un téléphone entre les mains qui écoute peut-être la conversation, elle est parano, elle ne sait pas ce qu’elle avance mais quand elle tape sur son moteur de recherche de gogole, elle remarque qu’on lui propose des marques qui correspondent à ses penchants les plus vils : la nourriture, la lecture, son habillement, les produits qu’elle consomme habituellement, les lieux par lesquels elle est passée ou qu’elle essaie d’emprunter pour se rendre à tel endroit. Elle a des conversations privées avec des gens, alors pourquoi a-t-elle l’impression qu’on espionne dans sa vie privée puisqu’elle retrouve ces mêmes penchants, ces affinités électives en tenant une simple conversation, dans son téléphone, sur des réseaux sociaux type Méta qui te marquent à la culotte, à ton imprimé, à ta couleur de cheveux. Tu as parlé de cendres ? On te colle tout de suite une photo de jardinage à la cendre. Tu as parlé de shampooing ? On te propose illico une marque de shampooing dans ta vie privée, avec un téléphone qui t’appartient, dans une conversation banale et dans une vie privée où l’on est venu te traquer pour le bienfait de l’innovation et de tes habitudes de consommation. Désormais on sait pour qui tu votes ou tu vas voter. ?Pas besoin d’aller très loin pour savoir que tu votes noir, avec un beau drapeau, celui d’un squelette, un beau crâne car Elise tu es une pirate, tu es « La fiancée du pirate », un film de Nelly kaplan. Et qui est le pirate si ce n’est un hérisson que tu cherches dans un auteur qui est en toi. Aujourd’hui, tu as montré toute ton authenticité et ton envie d’échapper à toute marque, à tout ancrage malgré une psyché qui aurait bien besoin d’être analysée et non psychanalysée. Tu en as marre de jouer les filles, les femmes, les femmes-hommes, les hommasses et les hommes. Tu es tout ça à la fois et tu n’as qu’un téléphone portable et un ordinateur pour prendre la parole publiquement, dans des espaces qui t’appartiennent à toi. Tu remarqueras que tu n’as diffamé personne, tu as toujours été dans les généralités pour aller voir ce que les gens consommaient et ce qu’ils jetaient dans des poubelles publiques qui seront recyclées dans un réseau privé. Comme le camping car, qui est privé, qui se parque sur un domaine public, qui jette des déchets privés dans une poubelle qui est publique et qui sera recyclée grâce à une déchetterie qui est semi-publique, semi-privée, que c’est une entreprise privée qui vient chercher tes ordures privées que tu as mises sur un domaine public, un lieu public, qui appartient à tout le monde, à l’humanité tout entière. Comme cet hameçon au bout de ta canne à pêche avec lequel tu vas prendre un poisson dans une rivière, l’eau coule toute seule dans un lit qui appartient à quelqu’un, un public ou un privé, l’eau en revanche n’est pas privée, c’est un bien commun que certains s’approprient pour la sigler et te la faire acheter dans des bouteilles en plastique avec lesquelles tu espères rajeunir car il y a la photo d’un bébé dessus. Et toi tu es l’ancien bébé Cadum et pas Cadolux. Tu t’appropries un poisson qui n’appartient encore à personne puisque le poisson pour l’instant se sert de l’eau pour survivre car il a des ouïes, des branchies qui lui permettent de circuler dans l’eau, il a des nageoires, une gueule ou une bouche et que le poisson ne dit jamais rien. Oui le poisson ne parle pas, il ne crie pas, il ne gueule pas. De sa gueule, il ne sort aucun son. Fait-il pour autant partie d’une majorité silencieuse ou d’un être vivant qui ne peut pas s’exprimer autrement qu’en nageant et en circulant dans l’eau ? Toi le pêcheur, fidèle apôtre de Saint-Pierre, tu t’appropries un être qui n’appartient à personne d’autre qu’à la nature, à ses eaux, celle d’une rivière, d’un fleuve, d’un estuaire puis d’une mer ou d’un océan. Le poisson est là, il n’est pas bien avec toi puisque tu vas le bouffer, littéralement, tu ne vas pas le manger, tu vas le bouffer, la carpe muette qui te reflète dans ton miroir lorsque tu prends une photo de toi avec la carpe énorme que tu postes subrepticement sur les réseaux sociaux de Méta ou de Google, sur un Maps sur lequel tu donnes ton avis, tes goûts, tes préférences, tes sigles. On sait mon ami Carl que tu aimes le Métal car tu achètes tes billets pour le Hellfest avec ta carte bancaire dont tu donnes les numéros sur internet. Alors tu ne figures peut-être pas sur Méta, mais peut-être sur Google sans le savoir ou d’autres sites qui vont te tracer avec tous les cookies que tu as bouffé avec ton ordinateur. Tes navigations et tes errances, tes recherches et tes soifs de connaissance, les gens de l’histoire auxquels tu t’intéresses, les livres que tu as envie de dévorer, les films que tu as envie de voir. Oh toi tu ne remarques rien mais on affiche tes goûts, tes préférences, tu vas les retrouver dans la rue, dans les spectacles que l’on te soumet grâce à des tourneurs… Bref, toute cette société de spectacles, cette somme de travail que tu avales et que tu régurgites depuis cinq ans. Tu sais comment naviguer dans ton nouvel environnement, quels sont les espaces, comment te déplacer et te mouvoir même toutes ces marques que l’on te soumet à longueurs d’années dans les devantures. Ici on fait du bon pain, là de la bonne confiture, là-bas on aime boire du vin, ailleurs on te propose un shampooing, une couleur de cheveux et un nouveau patronyme. Car ta coiffeuse s’appelle : « court toujours » et tu ne m’intéresses pas. Oh non surtout pas toi l’anonyme du banal et de ta banalité. J’ai envie d’en faire de la pâté pour chat pour ma petite Ramona que l’on appelle Grapubis pour le prochain Astérix…
Laisser un commentaire