De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Jeanne-Elise a du désir

Jeanne-Elise voudrait continuer à partir en live pour dénoncer des faits, des facts… La camisole chimique fait son effet : elle n’a plus de colère en elle, seuls ses voisins l’agacent au plus haut point puisqu’ils occupent tout l’espace, son espace, sonore et visuel. Ils sont méchants, voleurs, racistes, emploient la mort pour vicier la vie des autres. Jeanne-Elise ne cherche plus querelle. En revanche, elle va se protéger de leurs regards en observant leurs manèges… Jeanne-Elise va faire intervenir la vidéo-protection pour se sentir chez elle, protégée vainement par des caméras…

Son obsolescence n’est pas encore programmée. Elle a encore tant de choses à écrire, tant de livres à élaborer en toute bonne conscience. Pour pouvoir les écrire, il va falloir qu’elle s’extirpe du pays castellois où tout est pourri d’avance. Elle n’avance à rien, on l’empêche de continuer son labeur. Au CMP, on lui propose, en guise de sociabilisation, de rester fumer toute la journée, assise sur une chaise, ou de regarder la télé, le téléphone à la main.

Jeanne-Elise s’extirpe de cet enfermement. Sans doute un peu maladroitement. Elle a juste besoin d’écoute sans être condamnée par un état-civil qui l’empêche d’être, tout simplement d’être, pas d’exister. Jeanne-Elise n’existe que dans l’écriture. Elle l’a déjà écrit maintes fois : ce n’est plus un sacerdoce. C’est une raison d’être. C’est ancré dans son ADN. Elle ne peut rien, en revanche, contre ceux qui ne la comprennent pas. Leur niveau ne le leur permet pas. Advienne que pourra. Reste une abscisse, une ordonnée, une latitude, une longitude et l’envie de se subordonner à un état : la mnémotechnique. Il va falloir que Jeanne-Elise avance. Elle a déjà abordé le sujet de la relecture de sa grande oeuvre. Elle est en cours. Il faudra ensuite élaguer. Triturer, réécrire et surtout, avancer malgré les bâtons dans les roues.

Jeanne-Elise veut continuer à pouvoir marcher dans la nature sans être obligée de se retrouver face à des obstacles, à des odeurs, à des bruits de tondeuse, de machines, de voitures, de camions et de bennes qui marchent au gasoil. Elle a juste envie du chant de la poule mouillée, de la galinule, du héron, du canard qui ne boîte pas. Jeanne-Elise ne flambe pas. Elle s’imagine rester dans du vert. Bientôt, elle ira voir la bleue. C’est plus qu’un voeu pieux, c’est une absolue nécessité. En attendant, elle lira Peer Gynt de Henrik Ibsen adapté par Olivier Py. Saine lecture.


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